Le wali de Ghardaïa: Des dispositifs pour empêcher de nouveaux heurts
Yahia Fahim, wali de Ghardaia
Le wali de Ghardaïa a appelé les habitants de Berriane à éviter les conflits et à ne pas faire cas des rumeurs. Yahia Fahim assure par ailleurs que toutes les victimes des dernières violences seront prises en charge.
- Echorouk: Pourquoi ce nouvel épisode d’affrontements après le retour du calme ?
- Le wali: L’on revient à la particularité de cette région sensible… Mais je suis convaincu que les différentes communautés refusent cette situation. Berriane est chère à Ghardaïa, c’est pour cela que ses enfants n’accepteront pas que la ville soit réduite en cendres. L’Etat et ses institutions non plus n’accepteront pas de nouveaux affrontements.
- Echorouk: un an après les incidents de mars 2008, de nouveaux heurts éclatent. Quels sont les mesures préventives prises pour mettre un terme définitif au conflit ?
- Le wali: la première chose que nous avons fait cette fois-ci c’est l’installation de commissions formées d’intellectuels, de politiciens et de responsables notamment. Ces commissions coordonneront avec les institutions de l’Etat pour un retour à la vie normale et étudieront surtout les moyens d’éradiquer les sources de tensions pour éviter de nouveaux affrontements. Ibadites et malikites aspirent à la sécurité et à la stabilité dans la région.
- Echorouk: Qu’en est-il des dégâts enregistrés lors des derniers heurts ?
- Le wali: Les dégâts sont moins importants que lors des précédents affrontements. Pratiquement les mêmes locaux commerciaux qui ont été incendiés en 2008 ont été encore brûlés cette fois-ci. 80 personnes ont été blessées, légèrement pour la plupart.
- Echorouk: Nous avons entendu dire qu’il y aurait eu une quarantaine de blessés parmi les forces de sécurité…
- Le wali: Environ. L’un d’eux atteint grièvement a été transféré à Alger.
- Echorouk: Les cours sont arrêtés depuis quatre jours à Berriane. En plus des décisions prises par le ministère de l’éducation nationale, quelles sont les mesures prévues par la wilaya ?
- Le wali: Nous comptons rouvrir les établissements scolaires, nous intensifierons les cours de soutien et nous ouvrirons les écoles même le vendredi s’il le faut pour rattraper le retard.
- Echorouk: Quel est le nombre de personnes arrêtées après les dernières violences ?
- Le wali: La justice n’a lésé personne. Nous ferons tout pour mettre fin à ces heurts. Je suis confiant en la capacité des jeunes de Berriane et nous œuvrerons ensemble à redonner à la localité son aspect d’antan.
- Echorouk: Ghardaïa vous a fatigué… ?
- Le wali: Ghardaïa est chère à mon cœur. Avant d’être wali, je suis un citoyen qui souffre face à ces incidents et qui est content quand elle va bien. Elle ne m’a aucunement fatigué et je travaillerai ardemment pour Berriane. Ghardaïa est un chantier ouvert et de nombreux projets y sont prévus. Je souhaite seulement que la sécurité revienne à Berriane et j’ai confiance en l’aide et la force de ses jeunes pour réaliser cet objectif.