Le WikiLeaks égyptien se propage sur Facebook
Les créateurs de la page ont inspiré cette idée de WikiLeaks, jusque dans leur logo, qui mélange une bougie et le sablier orné de globes terrestres de WikiLeaks. Créée le 5 mars, la page a déjà reçu près de 14 000 “like”, la marque d'appréciation sur le réseau social.
La page s’appelle Amn Dawla Leaks (fuites de la sécurité de l’Etat), qui déploie de multiples preuves de la surveillance de l’Etat mise en place par le régime de Hosni Mobarak en Egypte : des mots de passes de comptes Facebook ou Skype des citoyens egyptiens,des rapports de surveillances de la minorité chrétiennes du pays, ou encore des photographies de cellules suspectées d’avoir été utilisées pour torturer des opposants et des islamistes. Ces documents ont été saisis par des manifestants qui se sont introduits de force, samedi dernier, dans les locaux du ministère de la sécurité intérieure, et qui les ont publiés sur Facebook.
Les similitudes avec la version originale de Wikileaks , qui a notamment publié des milliers de rapports de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan s’arrêtent là. Par contre, Amn Dawla Leaks se préoccupe peu de l’anonymat de ses contributeurs : en cas d’enquête de police, Facebook peut en effet se voir contraint de donner les informations d’identification dont il dispose aux enquêteurs.
Le risque d’une plainte est pour l’instant faible pour Amn Dawla Leaks. Mais il est peu probable que la page soit visée par les soutiens du régime Moubarak, des citoyens égyptiens pourraient ne pas apprécier de voir des rapports de surveillance les concernant publiés sur le réseau social.