L’endettement est la solution de la crise de liquidités dans les banques
La contraction des liquidités bancaires à environ 17,5 milliards de dollars, soit environ 2.000 milliards de dinars, est due à la baisse des exportations de l’Algérie, à leurs plus bas niveaux, et à la baisse des revenus des hydrocarbures du fait de l’effondrement des prix du pétrole.
Et partant, tout ceci aura un impact sur les réserves de change des banques qui devront emprunter de la Banque centrale pour se renflouer, maintenant que les entrées en devises sont en baisse.
Aussi, les analystes financiers expliquent que mécanisme n’a rien d’exceptionnel car lorsqu’un opérateur exporte, les devises sont domiciliées au niveau des banques, et à l’inverse, lorsqu’il importe cela fait baisser les avoirs bancaires en devises. Ce qui inclut que les banques vont avoir besoin de se refinancer lorsque leurs entrées en devises seront inférieures aux sorties.
Selon ces experts, le refinancement des banques est le rôle principal d’une Banque centrale. Les banques algériennes avaient cependant trop de ressources durant les quinze dernières années et elles n’avaient donc pas besoin d’emprunter et maintenant que les entrées en devises sont en baisse, elles peuvent manifester un tel besoin auprès de la Banque d’Algérie.
Donc le retour du refinancement des banques commerciales par la Banque d’Algérie, prévu dès avril prochain, n’est qu’un retour à la normale après des années de surliquidités bancaires, en raison des règles prudentielles très lourdes et du fait de la pénalisation de l’acte de gestion, même si l’efficacité de la mesure demeure tributaire d’une plus grande souplesse dans l’octroi des crédits bancaires.
En effet, le déficit commercial s’est fortement creusé à 13,7 milliards de dollars en 2015 contre un excédent de 4,31 milliards de dollars en 2014 et pour les seuls deux premiers mois de 2016, ce déficit a atteint 3,326 milliards de dollars contre un déficit 1,273 milliard de dollars durant la même période en 2015. Car, durant les neuf premiers mois de 2015, les dépôts du secteur des hydrocarbures ont baissé de 39% par rapport à la même période en 2014.
La Banque d’Algérie va refinancer les banques à travers l’injection des liquidités nécessaires au financement de l’investissement et des PME en contrepartie d’un taux de réescompte qui n’a jamais été pratiqué. Ce taux était fixé à 4% depuis 2001 et il revient à la Banque d’Algérie de revoir ce taux à la hausse ou à la baisse en fonction de la politique des crédits octroyés pour les projets d’investissement.
Dans les faits, pour le financement de ces projets d’investissement, la banque va chez la Banque centrale et présente le projet en question, dont la rentabilité devra être la garantie, et obtient un crédit à long terme en contrepartie d’un taux de réescompte.
Le recours au refinancement des banques publiques qui ont commencé à souffrir d’une crise de liquidités après une longue période de surliquidités n’est pas la solution si elles continuent à être frileuses pour accorder des crédits raisonnablement risqués en demandant trop de garanties hypothécaires pour l’octroi des crédits à l’investissement.