Les groupes terroristes, une vraie menace pour la région Sahel
Les groupes terroristes activant dans le territoire de l’Azawad notamment à Kidal, Tombouctou et Gao au nord du Mali sont une vraie source d’inquiétude pour les pays maghrébins, européens et États-uniens.
Des spécialistes craignent la reproduction de l’expérience afghane dans la région du Sahel. Les activités terroristes dans cette région représentent une vraie menace pour la sécurité et la stabilité du Sahel et même du monde. Les groupes terroristes qui contrôlent le nord du mali ont désigné l’un des plus connus émirs d’al-Qaida, à savoir Yahia Abou el-Hamam, originaire de Tlemcen en tant que wali (gouverneur) de Tombouctou. Après que le territoire de l’Azawad tomba entre les mains d’al-Qaida, des pays occidentaux, notamment les États-Unis et la France auraient envoyé du matériel militaire sophistiqué aux gouvernements malien et nigérien menacés par l’avancée du front de l’Azawad. Par ailleurs, des pays européens ont officiellement demandé au gouvernement mauritanien l’installation d’une base militaire européenne au nord de la Mauritanie. Face à la menace terroriste dans la région du Sahel, la France et la Grande-Bretagne ont exprimé depuis environ une semaine leur inquiétude aux pays maghrébins.
« La crise au Mali peut compliquer davantage la situation sécuritaire dans la région du Sahel », a estimé lundi le directeur du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), Francisco Caetano José Madeira. « Effectivement, la réalité qui prévaut aujourd’hui au Mali a provoqué la multiplication de groupes armés. Avant on ne parlait que d’Aqmi, mais aujourd’hui on parle d’Ansar Eddine, de Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) et on parle aussi d’autres groupes armés, et tout cela complique la situation au Sahel et la lutte antiterroriste », a averti Madeira. « Plusieurs groupes armés ont émergé peu après le début de la crise en Libye, alors tout ça complique davantage notre lutte antiterroriste, mais nous allons continuer nos efforts pour éradiquer ce fléau », a-t-il affirmé. Pour rendre plus efficace la lutte contre ce phénomène au Sahel, le président du CAERT a appelé les pays de la région à « réunir d’abord leurs forces et capacités ». Madeira a insisté, en outre, sur la nécessité pour les pays de la région de « contrôler mieux les frontières communes pour empêcher tout transit d’armes vers le Sahel », appelant également au renforcement des relations avec les autres pays, tels que la Libye, la Tunisie, l’Égypte et le Soudan.