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Les législatives anticipées déclenchent la guerre au sein des partis pro-pouvoir

الشروق أونلاين
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Le fait d’évoquer l’organisation des élections législatives anticipées semble attiser la concurrence entre les partis politiques. Le FLN ne semble pas prêt à céder sa place à une autre formation d’autant qu’il se considère comme étant une première force politique du pays, tout comme le parti de TAJ qui aspire à renforcer ses rangs, au moment où l’opposition exprime ses craintes de la fraude et de ne pas voir la transition qu’elle a tant réclamée se concrétiser sur le terrain.

Même si le Front de libération nationale ne considère pas les législatives anticipées comme étant une priorité, mais il insiste à rester la première force politique du pays. Sur ce sujet, Mustapha Mazouzi, membre du bureau politique de l’ex-parti unique affirme que ces élections ne sont pas évoquées et qu’elles relèvent plutôt des prérogatives du président de la République, estimant que la révision de la Constitution ne s’étalera pas sur ce sujet.

Selon lui, sa famille politique ne prévoit pas une dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) vu la Constitution actuelle, tout en niant que son parti  ait peur d’une organisation des élections législatives anticipées. « Nous sommes le parti de la majorité et la première force politique du pays. C’est une réalité. D’ailleurs, les dernières présidentielles l’ont prouvé », estime-t-il.

Pour lui, ceux qui réclament la tenue des législatives anticipées ont des buts, niant également qu’il y ait de rapport entre le nouveau découpage administratif et ces élections.  

Pour sa part, Lakhdar Benkhellaf, leader du Front pour la justice et le développement (FJD) prévoit que le pouvoir privilège l’option du nouveau découpage administratif en vue d’innocenter le pouvoir législatif de la fraude,  et ne voit pas de relation entre ce découpage, la dissolution du Parlement et la tenue des législatives anticipées car, selon lui, le nombre de sièges correspond au nombre d’habitants.

Il estime également que ce découpage n’est qu’une décision populiste et que l’objectif des partis appelant à des élections anticipées ne consiste pas à lutter contre la fraude, mais plutôt pour signer un deal avec le pouvoir en place.

En outre, il a tenu à rappeler que sa formation avait dénoncé la légitimité du Parlement actuel et qu’il ait posé comme condition la révision du code électoral et soumettre le processus à une instance indépendante.

Kamel Mida, membre du bureau national de TAJ estime quant à lui que ces élections sont liées à la volonté de la classe politique et tributaires de la révision constitutionnelle. Toutefois, il estime qu’elles feront sans doute les affaires de son parti, expliquant que leur formation ait une popularité et c’est pourquoi ils veulent d’une joute électorale pour réaliser de meilleurs résultats. « Les législatives anticipées feraient nos affaires, et nous en tant que militants et cadres du part, nous sommes prêts pour ce rendez-vous », confie-t-il, en affirmant que les positions de TAJ seraient en harmonie avec celles des partis pro-pouvoir.

Pour Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA), la Constitution est l’un des plus importants dossiers à ouvrir, car toutes les élections précédentes, selon lui, n’étaient qu’une formalité, et que la problématique réside dans le fait de permettre au peuple d’exercer le pouvoir à travers les lois qu’il choisisse lui-même. La Constitution, selon Touati, doit répondre à la volonté du peuple et doit être élaborée de sorte qu’elle le satisfasse.   

En effet, il ne cherche pas que sa position soit améliorée au sein du pouvoir législatif d’autant que le nombre de ses sièges fut réduit. Le candidat à la présidentielle du 17 avril dernier a ajouté qu’il n’avait pas de problème avec le peuple mais plutôt avec le régime qui se prend pour un tuteur sur les partis.

Soufiane Djilali a, lui aussi, affirmé que les législatives anticipées ne figuraient guère sur la liste des revendications de la coordination pour les libertés et la transition démocratique, et que toute élection organisée sous ce pouvoir dont la légitimité est remise en cause n’aboutisse à rien. Pour lui, il est temps de sortir de l’ère du bricolage et de construire un Etat fiable. 

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