Les Méditerranéens se réunissent pour réclamer un vrai partenariat avec l'UE
Plus de 500 représentants des villes et collectivités territoriales du pourtour méditerranéen se réunissent dimanche et lundi à Marseille (sud-est de la France) pour réclamer que l'Union européenne s'investisse réellement dans le partenariat euro méditerranéen.
A moins d’un mois du sommet à Paris qui doit lancer l’Union pour la Méditerranée (UPM), un projet du président français Nicolas Sarkozy, les riverains de cette mer craignent de voir malgré tout l’UE se recentrer encore davantage sur l’Europe continentale, alors que la coopération nord-sud est déjà
à la traîne.
“Un certain nombre de chancelleries en Europe ne voient guère d’intérêt à la coopération euroméditerranéenne”, juge le président de la région Provence-Côte d’azur, Michel Vauzelle, coorganisateur du forum avec le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin.
Selon M. Vauzelle, les capitales européennes sont réticentes “soit parce qu’elles sont loin de la Méditerranée”, soit parce qu’elles n’ont “pas envie qu’une partie des futurs budgets européens aillent au sud”.
M. Vauzelle se dit d’autant plus inquiet après un entretien début juin avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui lui a expliqué que “la seule chose qui compte, c’est de contrôler étroitement l’immigration clandestine”.
Face aux réticences, les régions méditerranéennes continuent de “tisser des liens économiques et humains”, souligne M. Gaudin.
Dimanche et lundi, des responsables politiques ou économiques venus de 33 pays, dont l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, l’Espagne, le Liban, le Maroc, le Yémen, mais aussi l’Allemagne et le Royaume-Uni, vont réfléchir sur les thèmes de coopération de part et d’autre de la Méditerranée.
Dans la perspective de l’UPM, M. Vauzelle souhaite notamment que soit mise en exergue la coopération interrégionale sur des problématiques comme l’eau, la pêche ou le tourisme de masse.
A l’issue du forum marseillais, une série de propositions et une déclaration commune vont être adoptées pour tenter de peser sur le sommet de lancement de l’UPM le 13 juillet à Paris.