Les pays pauvres, grands absents au sommet du G20
Les grands pays industrialisés et émergents sont réunis à Washington afin d’adopter des mesures concertées visant à freiner les dégâts de la crise financière mondiale. L’Afrique n’est pas représentée et les pays pauvres plus généralement sont les oubliés de ce rendez-vous mondial.
- La présidente de l’organisation humanitaire Action Aid International déplore l’absence des pays pauvres au Sommet de Washington et appelle le G20 à ne pas être un “club fermé” à ces populations qui sont directement exposées aux retombées de la crise financière mondiale.
- L’exclusion des pays les plus pauvres du sommet de Washington est dénoncée en marge des Journées européennes du développement de Strasbourg, et si l’Afrique du Sud est présente à la rencontre mondiale, sa représentation de l’Afrique est jugée totalement inadéquate par Noerine Kaleeba.
- La plus vive crainte est que la crise internationale n’entraîne une baisse de l’aide au développement pour ces pays dits pauvres.
- Il est clair qu’à Washington, l’on se rappelle à peine qu’il existe des pays pauvres, paupérisés, dans le monde. L’on parle de soutien aux économies fragiles et l’allusion est furtivement faite aux pays oubliés à l’évocation de la nécessaire réforme des institutions de Bretton Woods et des pays qui devront y prendre part.
- Il faut dire que celui qui a su imposer sa voix à l’occasion de ce sommet est sans conteste le président américain sortant G.W.Bush.
- Le G20 a en effet parlé de réformes, finalement, et non de refonte du système financier comme il était attendu.
- Bush qui a, à maintes reprises mis en garde contre un regain de protectionnisme dans le monde, a eu gain de cause et mis au placard l’idée d’un second Bretton Woods, souhaitée notamment par la France. Il n’y aura pas non plus l’instauration d’un régulateur mondial unique qui pourrait remettre en cause les principes du libéralisme vénérés par les États-Unis.
- Le G20 s’apprête en ce moment à adopter un plan d’action pour contrer la crise financière actuelle. Ce plan devrait mettre en exergue une stratégie de soutien concerté à l’économie mondiale, une nouvelle régulation du système financier et une réforme des institutions financières internationales et de la gouvernance mondiale. La surveillance sera élargie jusqu’aux Fonds Spéculatifs, des plans de relance seront mis en place et le Fonds Monétaire International aura un rôle central dans la reconstruction de l’architecture financière mondiale.
- Une première série de mesures devraient être mises au point d’ici le 31 mars 2009 avant la convocation d’un second sommet du G20 au plus tard le 30 avril.