Les programmes de Clinton et Trump, deux visions de l’Amérique
Le candidat républicain à l’élection présidentielle, Donald Trump, défend un projet isolationniste pour les Etats-Unis. Sa rivale démocrate, Hillary Clinton, prône au contraire l’ouverture.
Hillary Clinton a été obligée de mettre un coup de barre à gauche dans son programme pour tenir compte du succès de la campagne de Bernie Sanders, son rival au cours des primaires démocrates. Donald Trump, qui n’est pas issu du sérail républicain, n’a pas hésité à défier la doxa du parti, à commencer par son opposition au libre-échange. Revue de détails des propositions des deux candidats.
Politique étrangère
Donald Trump souhaite que les alliés des Etats-Unis au sein de l’Alliance Atlantique (OTAN) payent plus pour assurer leur propre sécurité. Si ce n’était pas le cas, il menace de sortir de l’organisation. Par ailleurs, il estime que celle-ci doit se concentrer plus sur la lutte contre le terrorisme et les flots migratoires et moins sur la force de dissuasion envers la Russie.
Concernant l’organisation Etat islamique (EI), le candidat républicain a appelé à sa destruction sans donner plus de détails, invoquant la nécessité de préserver un « effet de surprise ». En Syrie, M. Trump est favorable à laisser à la Russie plus de latitude d’action, considérant que Moscou est mieux placé que les Etats-Unis pour intervenir dans ce pays. Sur les relations avec l’Iran, le républicain dénonce l’accord sur le nucléaire conclu par Barack Obama à l’été 2015, estimant que les Etats-Unis n’ont pas obtenu suffisamment de concessions. Il souhaite le renégocier.
Sur l’OTAN, Hillary Clinton prend l’exact contre-pied de M. Trump, considérant que l’organisation est au contraire un bouclier essentiel qu’il convient de renforcer pour faire face aux velléités d’expansion de la Russie. Dans la lutte contre l’EI, elle appelle à un renforcement des raids aériens américains en Irak et en Syrie et souhaite instaurer une zone d’exclusion aérienne en Syrie.
Mme Clinton soutient l’accord nucléaire avec l’Iran, mais reste très critique sur l’attitude de Téhéran, notamment à propos des violations répétées des résolutions du Conseil de sécurité concernant ses essais de missiles balistiques, appelant à de nouvelles sanctions. Elle veut également accroître la pression sur la Corée du Nord pour que le pays abandonne l’arme nucléaire.