Les Vénézuéliens aux urnes pour la présidentielle : Chavez donné favori
Près de 19 millions de Vénézuéliens sont appelés aux urnes aujourd’hui pour choisir le futur président du pays où le chef de l’Etat sortant Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999, va affronter cinq candidats dont Henrique Capriles Radonski, son principal adversaire de droite.
Les 13.800 bureaux de vote, équipés de machines électroniques présentées comme une garantie contre la fraude, seront ouverts de 06H00 locales (10H30 GMT) jusqu’à 18H00 locales (22H30 GMT). Ils ne pourront toutefois fermer tant que tous les électeurs présents n’auront pas voté.
A cet effet, les candidats ainsi que le Conseil électoral national (CNE) ont appelé les électeurs à se présenter aux urnes le plus tôt possible, afin de ne pas retarder la diffusion des résultats, attendue environ trois heures après la fermeture du dernier bureau de vote.
Le scrutin présidentiel s’annonce très serré : la plupart des enquêtes placent M. Chavez, 58 ans, qui brigue un troisième mandat de six ans, en tête des intentions, mais l’ex-gouverneur Capriles, 40 ans, est parvenu ces dernières semaines à combler une partie de son retard dans les sondages, au cours de la campagne qui s’est achevée jeudi soir.
Lors de sa campagne, M. Chavez a appelé ses partisans notamment à “ne pas céder au triomphalisme” avant d’insister à nouveau sur la nécessité d’une victoire “écrasante” pour neutraliser de supposées “intentions déstabilisatrices” nourries par l’opposition.
Investi en février par une trentaine de partis d’opposition, M. Capriles a, de son côté, appelé ses partisans à “vaincre la peur, et les obstacles”. “Je vous demande d’aller chercher les autres, de devenir les multiplicateurs de cette force du futur”, a encore dit cet avocat.
Outre MM. Chavez et Capriles, considérés comme les principaux candidats à la présidence, quatre autres postulants, issus de petits partis, participent à l’élection vénézuélienne de dimanche.
Pour parer à d’éventuels troubles, quelque 140.000 soldats sont déployés à travers le pays, et le port d’armes ainsi que la vente d’alcool sont interdits jusqu’à lundi sur décision vendredi du ministère vénézuélien de l’Intérieur. De plus, les frontières du pays ont été fermées samedi “aux personnes et aux véhicules” pour garantir la sécurité du scrutin, qui se déroulera sous l’oeil de dizaines de milliers d’observateurs des deux camps et d’organismes indépendants ainsi que de 200 “accompagnateurs” internationaux.
Par ailleurs, la majorité des observateurs ont assuré que le risque de fraude à l’élection de dimanche au Venezuela “est écarté”.
“Le gouvernement et l’opposition s’accordent” à dire que “dans l’ensemble, le système électoral est très bon”, a affirmé samedi Ignacio Avalos, directeur de l’Observatoire électoral vénézuélien, une organisation non gouvernementale indépendante.
“Jusqu’à présent, même les techniciens de l’opposition n’ont pas trouvé de moyen de frauder”, ajoute-t-il.
Les inquiétudes concernant le secret de l’isoloir ont également été écartées, notamment par le Centre Carter, l’ONG américaine spécialisée dans la supervision de processus électoraux de l’ancien président Jimmy Carter.
Au Venezuela, le pétrole est le principal pilier de l’économie. Les réserves de ce pays s’élèvent à 296,5 milliards de barils, selon des chiffres officiels, ce qui le place en 1e position devant l’Arabie Saoudite.
Cinquième exportateur mondial, le pays produit trois millions de barils de brut par jour (bpj), d’après des chiffres officiels.
Cependant, des défis majeurs attendent le futur président du Venezuela dont la lutte contre corruption, la bureaucratie, et la criminalité exponentielle, ainsi que le manque de logements.