L’hémicycle se transforme en arène !
Les députés de l’opposition ayant vivement contesté la loi de finances (LF2016) ont monté au créneau à l’occasion de la présentation au vote de ladite loi.
Les représentants d’AAV, du MSP, du Mouvement Ennahda, du Mouvement El Islah, du FFS, du FJD et du PT n’ont trouvé mieux que de hausser le ton face aux députés des partis pro-pouvoir, qui détiennent la majorité.
Vers 9 heures du matin, les députés de l’opposition se sont exprimés devant les journalistes sur leur position vis-à-vis de la LF 2016 en accusant aussi bien les « hommes d’affaires de vouloir affamer les Algériens et les accabler par des impôts et des taxes », que « la commission des finances de l’APN de complicité avec le gouvernement en vue de priver les députés de présenter leurs amendements » et critiqué également « la suprématie de l’Exécutif sur le Législatif et la violation du règlement intérieur de l’APN ».
Ensuite, ils ont tenu une marche dans l’enceinte de l’hémicycle en scandant des slogans hostiles à ladite loi et à la mainmise des hommes d’affaires.
« L’adoption de la LF signifie l’assassinat du peuple », « Non à la privatisation de l’Etat », « Ne pas toucher à l’Etat social », tels sont les slogans scandés par les députés. En effet, ils auraient même tenté d’annuler les travaux de l’assemblée, où la situation a dégénéré, où l’hémicycle s’est transformé en véritable arène entre défenseurs et détracteurs de la Loi de finances.
Les députés de l’opposition n’ont pas digéré les amendements introduits dans la nuit et la réintroduction par la commission des finances des articles déjà tranchés, à savoir l’article 2 (nouvelles taxes), 53 (endettement), 66 (privatisation) et 71 (prérogatives du parlement).
En outre, des représentants de l’opposition auraient usé de tous les moyens d’empêcher à la fois la tenue de la séance et le rapporteur de la commission des finances, Saïda Bounab de présenter le projet de loi complémentaire avant que les députés du FLN n’interviennent pour la protéger. Les travaux de la séance se sont poursuivis alors dans un climat très tendu.
La tension est de nouveau à son comble lorsque le ministre des Finances a demandé d’amender l’article 66 supprimé avant sa présentation au vote, ce qui a suscité la colère des députés de l’opposition qui se sont mis à crier, à frapper sur leurs pupitres et à chanter l’hymne national. « Ils ont pillé le pays », « Ils veulent vendre le pays », lancent-ils.
Makri: L’adoption de l’article 66 confirme la grande trahison
Le président du MSP, Abderrazak Makri a dénoncé l’adoption de l’article 66 de la LF 2016 qui continue de susciter une vive polémique qu’il considère comme une grande trahison à l’égard du peuple algérien en mettant en garde contre les conséquences désastreuses qui en découlent.
« Nous avions déjà dit que le système œuvrera pour assurer sa pérennité en s’attachant au pouvoir au lendemain de l’apparition des signes de la crise économique dans laquelle il a enfoncé le pays suite à son échec, la vente des entreprises stratégiques… », soutient-il.