Libye: la situation humanitaire s'aggrave pour les civils à Syrte (Otan)
La situation humanitaire s'aggrave pour les habitants des villes libyennes de Syrte et Bani Walid, les deux derniers bastions des forces pro-Kadhafi, a indiqué mardi un porte-parole de l'Otan.
“Selon les nombreuses informations dont nous disposons auprès de témoins visuels, des médias ou du renseignement, la situation s’aggrave à Syrte et à Bani Walid”, a déclaré le colonel Roland Lavoie, porte-parole de l’opération Protecteur unifié, devant la presse.
A Syrte, ville d’environ 70.000 habitants à 360 km à l’est de Tripoli, “l’accès à l’eau potable, aux soins ou aux carburants est sévèrement restreint, ce qui affecte fortement la population”, a-t-il précisé.
De plus, des “combattants pro-Kadhafi et des mercenaires patrouillent dans les rues à la recherche d’anti-Kadhafistes, prenant des otages et ayant recours à des exécutions”, selon lui. Ils ont notamment pris position autour de l’hôpital de Syrte, “où ils se sentent à l’abri des frappes de l’Otan”.
Les familles “sont empêchées de rejoindre des lieux sûrs” et les “travailleurs humanitaires ne peuvent acheminer des secours”, a encore dit le colonel Lavoie.
Il a qualifié d'”absurde” le comportement des pro-Kadhafi car ils n’ont aucun espoir de renverser la situation en leur faveur, les troupes du CNT ayant réalisé “des avancées notables ces derniers jours”.
Elles ont annoncé mardi avoir pris le port de Syrte et se préparer à entrer dans Bani Walid, vaste oasis au relief accidenté à 170 km au sud-est de Tripoli.
Les forces de l’Otan, qui ont mené une série de frappes ces derniers jours sur des dépôts d’armement ou des véhicules à Syrte, “agissent avec une prudence extrême” dans ces “zones densément peuplées”, a assuré le colonel Lavoie.
L’Otan a évalué à 200.000, sur une population d’environ 6,5 millions, le nombre de Libyens encore menacés en fin de semaine dernière par les forces pro-Kadhafi.