Libye: le « fou » déclare la guerre civile
Dans une tentative désespérée de mettre un terme à la révolution populaire qui se déroule depuis plusieurs jours sur la terre de Omar El Mokhtar, le numéro un libyen s’est montré, hier soir, persuadé que son régime restera en place.
Mouammar Kadhafi a demandé à ses partisans de chanter, de danser et de rester debout toute la nuit pour défendre la Libye. « La vie sans le drapeau vert ne vaut absolument rien », a-t-il lancé du haut d’un bâtiment situé à la Place Verte. Dans une allocution qui a duré environ 30 minutes, le Guide a accusé plusieurs pays de trahison, particulièrement les pays arabes qu’il a traités de renégats. « Que les Arabes et les Européens regardent cette force (allusion faite aux jeunes partisans qui se sont regroupés à la Place Verte au centre de la capitale libyenne, Tripoli) », a-t-il déclaré. « La puissance de la jeunesse est imbattable », a-t-il poursuivi. C’est dans ce climat extrêmement tendu que le leader libyen a choisi, de nouveau, d’intervenir sur la Place Verte, appelant ses partisans à se préparer à «défendre la Libye». «Nous allons nous battre et nous les vaincrons» et «s’il le faut, nous ouvrirons tous les dépôts d’armes pour armer tout le peuple», a-t-il lancé à la foule. Les partisans du Guide, au pouvoir depuis plus de 40 ans, sont concentrés à Tripoli, où la milice de son fils Khamis disposerait de 9 000 combattants, de chars et d’avions. En dehors de la Capitale, l’armée a été affectée par plusieurs mutineries. Musratha, troisième ville du pays, à 150 km, à l’Est de Tripoli, a été désertée par les loyalistes à Mouammar Kadhafi, mais des combats ont fait de nombreux morts sur une base aérienne proche, selon un habitant. A l’ouest de Tripoli, dans la ville de Zawiyah (60 km), les combats entre opposants et partisans du régime ont fait plus de 35 morts, peut-être même 50 », a, par ailleurs, affirmé le porte-parole de la Ligue libyenne des droits de l’Homme. C’est aux habitants de cette ville que s’était adressé, jeudi, Kadhafi. Il avait accusé Al-Qaïda d’orchestrer l’insurrection en donnant selon lui des « pilules hallucinogènes » aux opposants. L’un des fils du leader libyen, Seïf Al-Islam, a affirmé que sa famille resterait coûte que coûte en Libye et a averti que le régime ne permettrait pas à une « poignée de terroristes » de contrôler une partie du pays…