Libye : l'Otan divisée affiche une certaine unité
Les ministres des Affaires étrangères de l'Otan, divisés sur l'urgence de durcir leur intervention militaire, ont préféré jeudi insister sur l'objectif politique qui les rassemble: la chute de Mouammar Kadhafi.
A son arrivée, le ministre danois Lene Espersen, mettant en avant les efforts considérables de son pays qui mène des frappes depuis des semaines, a réclamé que d’autres contribuent aussi aux missions de bombardement. Son homologue espagnole Trinidad Jimenez a douché l’espoir que l’Espagne, l’un des pays, avec les Pays-Bas et l’Italie, qui déploie des avions pour contrôler la zone d’exclusion aérienne ou faire du repérage mais leur interdit de participer aux raids contre les troupes kadhafistes, allait changer d’attitude. Seuls six pays des 28 l’Otan (Belgique, Canada, Danemark, France, Norvège et Royaume-Uni) effectuent des frappes contre les chars et les dépôts de munitions libyens.
Les Etats-Unis se joignent encore à eux de temps à autre a révélé mercredi le Pentagone, mais l’Otan n’a toujours pas compensé le retrait du théâtre libyen d’une cinquantaine de chasseurs-bombardiers américains le 4 avril. Le commandement de l’Otan avait bien réclamé un renfort, mais une dizaine d’appareils manquent toujours, bien que le Royaume Uni en ait fourni quatre de plus et que d’autres aient haussé le rythme de leurs frappes air-sol, selon un diplomate allié. Pour éviter que l’alliance n’étale trop ses divisions, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a assuré que les Etats-Unis soutiendraient fortement l’opération Protecteur unifié de l’Otan en Libye jusqu’au départ du pouvoir du leader libyen Mouammar Kadhafi.