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Ligue Arabe: l’Algérie “absente” à la réunion sollicitée par Riyad

الشروق أونلاين
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Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel n’a pas pris part à la réunion extraordinaire du Conseil de la Ligue des Etats arabes -au niveau des ministres des Affaires étrangères- qu’a demandée le Royaume saoudien.

En effet, l’Algérie a été représentée par l’ambassadeur et délégué permanent au sein de la Ligue arabe, Nadir Arbaoui.

La réunion tenue dimanche à Djibouti sous la conduite du président de ce pays a porté sur “les voies et moyens de faire face à l’ingérence de l’Iran dans les Etats arabes”. Ont pris part à cette rencontre les pays proches de Riyad, en l’occurrence l’Égypte, les Emirats arabes unis (EAU) et le Bahreïn, tandis que l’Algérie a émis des réserves, tout comme d’autres pays, entre autres le Sultanat d’Oman,   l’Irak, le Liban, le Qatar, le Soudan et le Maroc.

Elle a été précédée par une rencontre tenu à huis clos -au siège de la Ligue arabe- regroupant les chefs de diplomaties d’Égypte, des EAU, du Bahreïn et du Koweït et en présence du secrétaire général de la Ligue, Ahmed Aboul Gheit. Ils se sont penchés sur les moyens de parvenir à un consensus au sujet du communiqué sanctionnant les travaux de la réunion.

Force est de noter que le MAE n’a pas expliqué les raisons de son absence à cette réunion, non plus la position officielle du pays.

De l’avis des observateurs, cette absence s’explique par le fait que l’objet de la réunion concerne en vérité un des pays amis de l’Algérie, à savoir l’Iran, avec qui elle entretient de relations très solides, sachant qu’ils sont liés par un traité d’amitié.

Le communiqué sanctionnant les travaux de la réunion prévoit de charger la communauté arabe au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU) d’engager des contacts nécessaires pour la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité pour débattre des “menaces iraniennes contre les pays la région”.

En outre, il dénonce l’ingérence iranienne dans certains Etats arabes et les tirs des missiles balistiques par les milices houthies en direction du territoire saoudien.

En tout cas, cela ne signifie point que l’Algérie soit rangée du côté de l’Iran, car elle a été la première à dénoncer le lancement des tirs de missiles balistiques contre l’Arabie saoudite, en imputant la responsabilité aux “milices houthies”.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’Algérie ne soit pas d’accord avec l’Arabie saoudite sur nombre de questions, aussi bien au sein de la Ligue arabe qu’au sein d’institutions et instances régionales et internationales.

Il y a lieu de rappeler à cet effet que l’Algérie s’est abstenue de voter une proposition de Riyad -au niveau de la Troisième Commission de l’Assemblée générale de l’ONU- portant condamnation “des violations des droits de l’Homme en Iran”. D’autres pays se sont abstenus aussi, à l’image de l’Égypte, le Koweït et la Jordanie…

Notons enfin que l’Algérie reste fidèle au principe de non-ingérence dans les affaires internes des pays et au respect de la souveraineté des Etats, ce qui explique sa position vis-à-vis des crises au Yémen, en Libye et en Syrie.

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