Linda Norgrove, enlevée en Afghanistan, a été exécutée par ses ravisseurs pendant une opération de sauvetage
Les tentatives de “récupérer” par la force leurs otages coûtent aux capitales occidentales la vie de leurs ressortissants. Un dilemme cruel qui n'en finit pas de torturer les consciences, d'autant plus que souvent, il s'agit d'humanitaires, dont le souci est de venir en aide aux plus démunis.
Un autre raid fini dans le sang, et surtout par la mort de l’otage. Un échec de plus pour le monde occidental. Après le raid français contre des positions avancées d’AQMI au Mali et qui a prit fin par l’exécution de Michel Germaneau, voilà qu’une tentative de sauvetage coute la vie à un otage. Cette fois-ci, c’est beaucoup plus triste, car il s’agit d’une femme, une humanitaire. Linda Norgrove et ses trois accompagnateurs afghans ont été enlevés tandis qu’ils circulaient à bord de deux voitures vers la province du Kunar (nord-est), une région frontalière du Pakistan où les insurgés sont fortement implantés. La police afghane affirme que leur convoi a été stoppé par des talibans dans le district de Chawkay, ce que le commandement des talibans a démenti.
Le chef d’état-major des forces de l’Otan en Afghanistan le général américain Petraeus, a affirmé, dans son message de condoléances, que «les forces de sécurité de la coalition et les forces afghanes ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour la sauver». Le chef de forces de la coalition, pas plus que le chef de la diplomatie britannique n’a pas précisé quelles forces de l’Otan avaient mené l’opération de libération de l’humanitaire. Une source au sein du gouvernement britannique a indiqué samedi que l’opération avait été menée par des troupes américaines.
Avant l’Afghanistan, Linda Norgrove a travaillé pour des organisations humanitaires au Pérou et au Laos. Elle avait travaillé pour les Nations unies à Kaboul en 2005 à 2008, avant de retourner dans le pays en février 2010 pour le compte de l’ONG américaine DAI, sous-traitant de l’agence américaine d’aide au développement USAID. D’origine écossaise, elle était la directrice régionale d’un projet quinquennal de 150 millions de dollars (108 millions d’euros) financé par USAID, visant à créer des emplois et renforcer l’économie et l’autorité locale afghane dans les régions instables.