L’opposition émet des réserves sur Ouyahia
Les partis de l’opposition ont reproché le pouvoir d’avoir insisté sur l’exclusion du peuple des consultations relatives à la préparation de la Constitution consensuelle. Certains ont émis des réserves quant à la nomination d’Ahmed Ouyahia pour mener ces consultations indiquant qu’il ne réalisera aucun progrès en matière des réformes.
Benkhelaf: «Ouyahia est connu pour ses contradictions»
Lakhdar Benkhelaf, membre du Front de la Justice et du Développement a critiqué la nomination d’Ahmed Ouyahia par le président de la République pour mener les consultations politiques à même d’élaborer une Constitution consensuelle. Benkhelaf estime qu’Ouyahia est connu pour ses idées et sa façon de gérer tels dossiers en plus de ses contradictions. Ces dernières, selon le représentant du parti, ont clairement apparu durant la campagne lorsqu’il s’est opposé à une phase de transition.
Nouara Djaafar : «Le Président veut approfondir les réformes»
La porte-parole du Rassemblement National Démocratique (RND), Nouara Djaafar n’a pas exprimé son opposition à la participation de son parti pour une autre fois à l’enrichissement des propositions qui ont déjà été présentées dans le cadre des consultations menées par le Secrétaire général actuel du RND, Abdelkader Bensaleh. Selon elle, le Président voudrait avoir des consultations plus larges. « En tant que parti, nous avons un rôle à jouer dans l’enrichissement des propositions », a-t-elle dit, ajoutant qu’il s’agit des réformes soutenues par le RND.
Ramdane Taazibt: «Nous voulons une réforme avec la contribution du peuple»
Le Parti des Travailleurs n’est pas contre la nomination du chef de Cabinet de la Présidence sous prétexte qu’il est un ministre d’Etat et un chef de Cabinet. Ceci dit que c’est la Présidence qui suivra ces consultations.Taazibt a, également, indiqué que son parti prendra part dans la consultation mais il attend les données suffisantes pour prendre conscience de son contenu. Il a rappelé que le Parti des Travailleurs a demandé une réforme profonde de la Constitution alors qu’il ignore, actuellement, les articles qui seront modifiés et s’ils seront soumis à un référendum. Vu l’absence des informations suffisantes, le parti refuse de donner un préjugé sur les consultations. Cependant, il a émis quelques réserves quant à la Constitution consensuelle étant donné qu’il est contre que les courants et les partis politiques remplacent la volonté et la souveraineté populaires.
Abdelmadjid Menasra: «Nous aurions préféré une personnalité du gouvernement à la place d’Ouyahia»
Le président du Front du Changement, Abdelmadjid Menasra a précisé qu’il préfère de confier la tâche de mener les consultations sur la Constitution consensuelle à une personnalité non gouvernementale.Par ailleurs, il estime qu’Ouyahia travaillera sous la supervision du Président qui assumera la responsabilité de l’amendement, tout en exprimant son souci que le terme « Constitution consensuelle » soit remplacé par d’autres termes. «Nous voulons une Constitution à travers un dialogue global et non pas exclusif à la Présidence», a-t-il dit. Il propose d’inviter tout le monde à y participer sans exclusion aucune afin d’aboutir à une formule consensuelle. Puis, la faire passer au peuple pour donner son avis via un référendum. Cela vise, selon Menasra, à faire la différence entre la Constitution du président, la Constitution de la majorité et la Constitution consensuelle.
Lamine Osmani: «Ce qui est important c’est le contenu»
Le Mouvement Populaire Algérien aspire à être une partie prenante en matière des propositions concernant la formulation de la Constitution consensuelle. Cette dernière était parmi les engagements annoncés par le leader du parti, Amara Benyounès durant la campagne électorale au profit du Président. Le représentant du parti, Lamine Osmani affirme que le Mouvement a ses propres propositions et que la nomination d’Ouyahia relève des prérogatives du Président.
Abderrezak Mokri: «Nous refusons le travail répété»
Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Mokri estime que l’opération qui sera menée par Ouyahia n’est qu’un travail répété et une perte de temps. Il a indiqué que son parti avait déjà participé dans les consultations menées par Bensalah et avait présenté ses propositions qu’il ne peut changer en une année. Mokri a qualifié la nomination d’Ouyahia comme étant « normal » au même titre que celle de Bensalah vu qu’ils « ont tous une seule logique et ils sont soumis au pouvoir ». Il a ajouté qu’il s’agit de la volonté politique et a appelé à présenter un projet complémentaire aux partis et au peuple pour réaliser un projet d’une grande société.
Moussa Touati: «L’élite a échoué et le peuple doit dire son mot»
Moussa Touati, le leader du Front National Algérien considère que l’élite n’a pas réussi à réaliser le changement à cause de son égoïsme. «C’est pour cela, nous devons faire du peuple la source du pouvoir conformément à la Constitution ». « Sommes-nous devant le pouvoir du peuple ? », s’est-il demandé. « Le dernier mot doit revenir au peuple car il n’y pas parmi nous celui qui est mieux de l’autre. Quant à Ouyahia, c’est une personne qui reçoit des ordres », ajoute-t-il.