Lorsque Rabat emboîte le pas à Alger !
Au moment où le nouveau ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a annoncé une tournée dans le continent africain, le Makhzen a instruit son ministre des Affaires étrangères d’emboîter le pas à Alger, en annonçant une série de visites dans les pays du Sahel, à commencer par le Sénégal.
Une attitude qui a fait réagir la presse qui se demandait sur les motifs poussant Rabat à réagir aux mouvements de l’Algérie, en sa qualité membre de l’Organisation de l’union africaine (OUA) .Parallèlement à la série de visites devant conduire le nouveau chef de la diplomatie algérienne, dans un nombre de pays africains, dont la Mauritanie, le Niger et le Mali, le ministre marocain des affaires étrangères, Salah Eddine Mezouar, a quant à lui programmé une visite au Sénégal en vue de chercher le soutien de Dakar concernant la question sahraouie et « le droit de son peuple à l’«autodétermination ».Dans le même sillage, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a réitéré mardi son appel pour « une solution juste, durable et mutuellement acceptable permettant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », tout en insistant sur « l’urgence d’une surveillance indépendante, impartiale, globale et soutenue de la situation des droits de l’homme » au Sahara occidental occupé.La réaction du Royaume chérifien ne s’est limité pas à ce niveau, car en réaction aux efforts consentis par les autorités algériennes dans la lutte contre le terrorisme au nord du Mali,à travers la formation des imams et des hommes de religion à même de véhiculer la vraie image de l’Islam et dénoncer l’utilisation de l’Islam par les intégristes, Rabat a agi sur-le-champ en annonçant lui-aussi la formation des imams maliens.Selon des observateurs, la programmation de la visite du ministre marocain des affaires étrangères au Sénégal intervenant à la même date de la visite de Ramtane Lamamra en Mauritanie, au Mali et au Niger, est une action à des buts politico-stratégiques.En outre, selon la lecture de certains observateurs, Rabat tente par cette démarche de mettre les bâtons dans les roues d’Alger qui a renforcé son statut dans la région du Sahel, par sa contribution à la restauration de la sécurité et de la stabilité ainsi qu’à son soutien indéfectible aux processus de développement dans la région.