Macron critique les «mabouls» qui veulent «se fâcher avec l’Algérie»
L’Algérie s’est invitée fortuitement dans l’échange qu’a eu le président Macron avec des praticiens sur le rôle des médecins étrangers dans le fonctionnement des hôpitaux français et leur situation précaire.
Une sortie musclée sur fond de débat diplomatique. Emmanuel Macron a haussé le ton. Interpellé par un médecin formé à Oran, le président a lancé : « allez le dire à tous les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie ».
Une déclaration directe, qui vise les tenants d’une ligne dure avec Alger. Sans le nommer, le chef de l’État adresse un message clair à son ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, partisan d’un rapport de force avec le pays nord-africain.
« C’est un truc qui me rend dingue ! Ils font de la médecine et le jour où il faut les titulariser, faut repasser un concours ! On a un système qui marche sur la tête ! », s’est emporté le président français à propos de ce qui est appelé en France les Padhue, ou praticiens à diplôme hors Union européenne.
La majorité de ces médecins est formée dans les pays du Maghreb. L’Algérie arrive largement en tête avec 38,8 %, suivie de la Tunisie 17%. Une réalité qui reflète des liens historiques, mais aussi une forme de dépendance.
Dans certains services hospitaliers, leur présence est déterminante, notamment en gériatrie, en pédiatrie ou encore en chirurgie. Ils interviennent là où les besoins sont les plus urgents. Cette contribution est d’autant plus visible dans les zones sous-dotées. Dans certains départements, près d’un médecin sur deux a obtenu son diplôme à l’étranger.