Macron et Fillon font de l’ombre à Ouyahia et Ould Abbès!
Les élections présidentielles françaises semblent intéresser les Algériens plus que les législatives algériennes, dont ils suivent avec beaucoup d’intérêt la campagne électorale et les déclarations des candidats français concernant l’immigration, l’avenir de la communauté algérienne établie dans ce pays et leur vision vis-à-vis de l’Islam et des musulmans.
Les débats politiques, économiques et les duels animés par les cinq prétendants à l’Elysée attirent énormément l’attention des Algériens dans la mesure où ils parlent de visions stratégiques et des solutions aux problèmes sociaux dans les divers domaines de la vie, à savoir la santé, l’enseignement, la retraite…D’ailleurs, des réactions et des commentaires favorables au candidat le plus convaincant ne tardent pas à enflammer les réseaux sociaux.
En revanche, les élections législatives du 4 mai 2017 sont perçues comme étant un non événement, dont certains électeurs ignorent même l’identité des candidats à cette échéance et manifestent une sorte de désintéressement quant à ceux de ceux qui les représenteront au sein du Parlement, et ce en dépit de la propagande et des campagnes incitant à se rendre en masse aux urnes.
Et ce faute d’une personnalité politique au profil requis, et à bon argumentaire capable de drainer les foules, convaincre les votants et présenter un programme digne et loin du populisme.
Pour le docteur en sociologie politique, Cherif Yahia, en l’absence de sondage de l’opinion publique sur le sujet, il serait possible de se référer à des données historiques et sociales concernant la communauté algérienne établie dans l’Hexagone. De l’avis du Dr. Cherif Yahia, le grand intérêt accordé par l’opinion publique algérienne à la présidentielle française au détriment des législatives algériennes s’explique par le nombre important d’Algériens installés en France, dont les familles suivent les tendances de celui ou de celle qui succèdera à François Hollande et son effet sur le peuple français en général et la communauté algérienne en particulier.
Selon lui, les Algériens pensent que les élections en Algérie ne changent rien à leur situation, d’autant plus qu’ils ont perdu toute confiance en partis politiques qui manquent d’outils pour convaincre.
Pour savoir si l’absence des programmes politiques était une raison palpable poussant les électeurs algériens à se désintéresser et à boycotter les rendez-vous électoraux, le docteur s’est interrogé: «Est-ce le jeune algérien consulte-t-il les programmes électoraux des différentes formations politiques?». Dr. Yahia répondra lui-même à sa question: « Je ne le pense pas, car un large pan de la société est noyé dans ses soucis quotidiens».