Français

Mali: la Cédéao lève son embargo après le retrait de la junte du pouvoir

الشروق أونلاين
  • 1219
  • 0

Les dirigeants ouest africains ont décidé de lever “immédiatement” l’embargo contre le Mali, après le retrait des mutins du pouvoir à Bamako et l’annonce d’un accord-cadre prévoyant de le rendre aux civils, un compromis salué par la communauté internationale.

L’embargo diplomatique, économique et financier “total” qui frappait le Mali depuis le 2 avril, à la suite du coup d’Etat du 22 mars, a été rapidement levé par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), suite à l’accord cadre pour le retour à l’ordre constitutionnel intervenu vendredi entre la junte malienne dirigée par le capitaine Amadou Sanogo et les autorités de la Cédéao. L’accord de vendredi prévoit le transfert du pouvoir aux civils et la désignation d’un président de la République et d’un Premier ministre de transition jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives. L’annonce officielle de la fin de ces sanctions a été faite samedi en début de soirée à l’aéroport de Bamako par le ministre ivoirien de l’intégration africaine, Adama Bictogo. “Le président (de la Cédéao, l’Ivoirien Alassane Ouattara) a, en conséquence et avec l’accord de ses pairs, décidé la levée avec un effet immédiat de toutes les sanctions imposées au Mali”, précise le communiqué lu par Adama Bictogo. Dans le texte, Alassane Ouattara remercie également tous les dirigeants de l’organisation sous-régionale, ainsi que de nombreux pays pour “leurs efforts en vue du retour à l’ordre constitutionnel au Mali”.

Dans son communiqué, le président ivoirien annonce également une réunion du “conseil de Médiation et de Sécurité de la Cédéao”, pour examiner les propositions faites il y a trois jours par les chefs dÆétat major, en vue d’un déploiement rapide des troupes communautaires dans le pays. Ce transfert stipule que le poste de chef de l’Etat intérimaire doit être occupé par le président de l’Assemblé nationale qui, avec son Premier ministre et le gouvernement qu’il va former, aura 40 jours maximum pour organiser des élections.

Arrivé samedi du Burkina Faso, qui a conduit la médiation ouest africaine, le futur président malien de transition, Dioncounda Traoré, doit poursuivre dimanche à Bamako ses consultations avec le capitaine Amadou Sanogo, le chef de la junte issue du coup d’Etat du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré (ATT). Il a, en outre, salué la junte pour avoir accepté de rétablir l’ordre constitutionnel, et affirmé que le Mali “a besoin de son armée pour recouvrer l’ensemble de son territoire”. De nombreux Maliens se sont dits soulagés du compromis trouvé ainsi que plusieurs pays et organisations internationales.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé la junte “à mettre rapidement en oeuvre les dispositions de l’accord-cadre qui prévoit un transfert du pouvoir aux autorités constitutionnelles”. L’Union africaine (UA) l’Union européenne (UE) et la France notamment, ont salué l’accord et insisté sur le respect de l’intégrité territoriale du Mali. L’UA a exhorté “tous les acteurs maliens concernés” à le mettre en oeuvre “de bonne foi pour permettre à leur pays de relever les défis majeurs auxquels il doit faire face pour rétablir son processus démocratique, ainsi que l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de son territoire national”.

De son côté, la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a salué l’accord de sortie de crise, et appelé à “une issue négociée avec la rébellion touareg”. En France, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a “salué” un accord qui “crée les conditions pour avancer vers la recherche d’une solution politique concernant le Nord”.

مقالات ذات صلة