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Mammeri, précurseur dans la recherche sur la culture amazigh

الشروق أونلاين
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D.R
Mouloud Mammeri

A l’occasion du centenaire de la naissance de la figure emblématique de la culture amazigh, en l’occurrence Mouloud Mammeri, un colloque international lui a été consacré ainsi qu’à son œuvre au Palais des expositions à Alger en présence de chercheurs algériens et étrangers et des hommes de lettres.

Des universitaires algériens et étrangers ont mis en exergue, lors d’un colloque tenu à Alger, le rôle fondateur de Mouloud Mammeri dans la naissance de la recherche anthropologique sur la culture amazigh et la formation de jeunes chercheurs spécialisés depuis la fin des années 1960.

Réunis à l’occasion du colloque international sur le parcours et l’œuvre de Mouloud Mammeri ouvert vendredi à Alger, ces spécialistes ont évoqué les travaux et démarches entreprises par l’anthropologue pour donner une visibilité à la culture Amazigh.

Chercheur en histoire et en anthropologie, Malha Benbrahim-Benhamadouche a expliqué que Mouloud Mammeri était à l’origine de “séminaires hebdomadaires pour les jeunes anthropologues”, qu’il organisait à titre personnel, et du premier lexique berbère avec un groupe de jeunes chercheurs dans les années 1970.

D’éminents chercheurs se penchent sur l’œuvre de Mouloud Mammeri

Ces séminaires auront donné naissance à une génération de jeunes anthropologues et ethnologues algériens qui entameront des travaux de recherche sur plusieurs aspects du patrimoine culturel amazigh comme les chants touareg, l’Ahalil du Gourara, ou encore les contes de Kabylie.

En sa qualité de chercheur, Mammeri a fait preuve, dira l’universitaire français Guy Basset, d’une grande ouverture sur toutes les régions amazighophones (Mali, Niger, Tunisie, Maroc, Iles Canaris) sortant ainsi la culture berbère de “l’aire géographique de l’Algérie et de la Kabylie dans lesquelles elle était confinée”.

Cette ouverture se matérialisera pleinement dans les écrits publiés dans la revue “Awal”, une publication qu’il avait fondée en 1985 à Paris.

Cette démarche scientifique représente, ajoute l’universitaire,  une “halte cruciale” dans la recherche scientifique sur la culture berbère qui a permis au berbère de “s’étudier lui-même” après avoir été, pendant des siècles, un sujet observé par les autres”.

Le centenaire de Mammeri doit marquer le début d’un travail qui immortalisera son œuvre

Rebondissant sur ces propos, la professeur de littérature Zineb Ali-Benali dit retrouver cette démarche dans la littérature de Mammeri qui a également fait passer les berbères de la posture de “ceux dont on parle, à ceux qui  parlent d’eux-mêmes”, résumera l’universitaire.

Mouloud Mammeri avait également été à l’origine de la première association de la culture berbère “Thimlilith” (rencontre) “qui ne sera jamais agréée”, précisera l’universitaire français.

Placé sous le thème “Le sourcier des convergences civilisationnelles universelles”, ce colloque international célèbre le centenaire de la naissance de Mouloud Mammeri (1917-1989), une figure majeure de la culture  algérienne du 20e siècle.

Les travaux se poursuivront jusqu’à dimanche au Palais des expositions des Pins-Maritimes.

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