Me Ksentini : « La révision de la Constitution par le FLN et le RND avec 53,8% des voix est immorale »
La révision de la Constitution par seuls le FLN et le RND demeure un acte non éthique et anti-démocratique, a dit Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH).
Le nombre de voix obtenues par les deux partis au pouvoir, FLN et RND, lors des législatives du 10 mai 2012 a révélé que les deux partis n’ont obtenu qu’une minorité vu notamment le nombre d’Algériens qui s’étaient abstenus ainsi que ceux ayant opté de voter à blanc, a déclaré à Echorouk, Me Ksentini.
Il est donc impossible de préparer la rédaction de la nouvelle Constitution par une minorité au Parlement, quelle que soit sa couleur, et il est inadmissible qu’une minorité politique impose sa vision à la majorité ayant opté pour l’abstention, a-t-il ajouté.
Le président de la CNCPPDH a expliqué que le dernier mot revient au premier Magistrat du pays qu’il interpelle à prendre d’autres mesures que le recours au Parlement, en cas de révision de la loi fondamentale du pays en estimant non convainquant, le Parlement avec sa composition actuelle sur le plan démocratique.
Abderrahmane Mebtoul, expert en économie, a mis en garde, lors d’une déclaration au journal Echorouk, contre une explosion sociale si dangereuse, si le FLN et son poursuivant le RND procèderont à la promulgation des lois leur permettant de partager des richesses du pays sans tenir compte du taux important d’abstentionnistes lors des dernières échéances électorales, estimé à 56,86% des électeurs inscrits et de 7,87% des électeurs ayant voté à blanc.
M.Mebtoul a estimé que la manière actuelle avec laquelle on distribue les rentes du pétrole mènera le pays à plus de violence à cause de l’absence d’une vision stratégique pour le futur ainsi que le discours destiné à rassurer la population sans tenir compte des changements qu’a connus le monde entier au cours de ces dix dernières années.
Il a ajouté que le discours prononcé par le pouvoir actuel encourage la fraude, la bureaucratie et la fuite des cerveaux vers l’étranger ainsi que l’instauration d’une fictive paix sociale bâtie sur la fraude.
Les dernières élections législatives ont démontré encore le recul en matière des voix obtenues lors de ce rendez-vous électoral par le FLN et le RND contrairement à celles obtenues en 2007.