Me Ksentini : « Un recours à remettre à la justice suisse pour arrêter les poursuites judiciaires à l’encontre de Nezzar »
Le président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l'homme (CNCPPDH), Farouk Ksentini, a révélé que sa structure est en train d’élaborer un recours pour qu’il soit remis à la justice helvétique afin de cesser les poursuites à l’encontre de l’ex-ministre de la Défense, Khaled Nezzar, accusé de torture et de crimes de guerre.
Dans une déclaration à Echorouk, Farouk Ksentini a dit qu’il rendra visite à Khaled Nezzar à son domicile au cours de la semaine prochaine pour discuter de certains points ayant trait à son affaire pendante à la justice suisse et lui manifester la solidarité du CNCPPDH, dont un recours sera élaboré puis remis à la justice suisse.
« De quel droit, la justice suisse s’ingère-elle dans les affaires intérieures de l’Algérie ? », s’est-il aussi interrogé.
Me Ksentini s’est demandé en outre, sur quel document juridique s’est appuyée la justice helvétique pour ressusciter cette affaire, en expliquant que l’arrestation du processus électoral de 1990 n’était pas un acte condamnable par la loi. Il s’est également interrogé, si la justice suisse veut par cette mesure mettre dans un même sac le général Nezzar avec le général « criminel » Marcel Bigeard ?
Il a aussi insisté sur le fait que l’Algérie n’a nullement besoin de leçons en matière des droits de l’homme de quiconque, notamment d’un pays ayant voté en faveur de l’interdiction de construction de minarets, en faisant, bien entendu, allusion au gouvernement helvétique.
Me Merouane Azzi, président de la commission d’application des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, a en revanche considéré la poursuite en justice de l’ex-ministre de la Défense, accusé de torture et de crimes de guerre perpétrés dans les années 90, ne porte pas atteinte à la souveraineté et ,n’est non plus une ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie.
Me Azzi a déclaré à Echorouk, que la justice suisse est compétente d’engager une procédure contre une personne suspectée d’avoir commis des actes de torture, de crimes de guerre, dont même l’ancien président américain, Georges Walker Bush, serait aussi poursuivi en justice, par la justice suisse, pour des crimes contre l’humanité perpétrés dans plusieurs régions du monde.
Me Mokrane Aït Larbi a, de son côté, dit que l’affaire du général Nezzar poursuivi par la justice helvétique se déroule selon la loi suisse et que les dispositions la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ne sont appliquées qu’en Algérie.