Menasra: “Tebboune est un bureaucrate, Ouyahia est plus expérimenté que lui…”
Invité dimanche de l’émission “El Hadath” (événement) sur Echorouk News, le nouveau président du MSP, Abdelmadjid Tebboune a adopté un discours plus serein que celui de son prédécesseur Abderrazak Makri au point où des observateurs le jugent plutôt plus proche du pouvoir!
Ce que Abdelmadjid Menasra a rejeté catégoriquement en s’interrogeant : où est le rapprochement avec le pouvoir dans cela?
Et Menasra d’expliquer: “La différence entre Makri et moi dans la gestion est tout à fait naturelle. Chacun a sa façon et sa lecture des événements, mais au final nous sommes d’accord sur une même vision de l’action politique”.
Par ailleurs, l’ancien ministre de l’Industrie a réitéré son opposition aux mesures prises par l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, notamment celles relatives à la création de l’inspection générale auprès du Premier ministère et celle fixant les conditions et les modalités d’application des régimes de licence d’importation ou d’exportation de produits et marchandises.
“Quelle est l’utilité d’une inspection générale au niveau du Premier ministère ? Quel est le but des licences d’importation ? Le processus est en soi une sorte de bureaucratie. Ouyahia a bien fait en les annulant et en prouvant qu’il est plus expérimenté dans ce poste…Tebboune a été bureaucrate et a échoué dans la défense et l’application du programme du président Bouteflika…Ses décisions ne nous ont mené qu’à davantage d’affrontements”, a-t-il soutenu.
En effet, le patron du MSP a remis en cause l’intention de Tebboune, estimant que celui-ci fait dans le “populisme” et prétendait avoir des informations sûres que la “Présidence était en colère contre lui depuis un moment”, tout en attribuant ainsi le limogeage de ce dernier et le rappel d’Ouyahia à la tête de la chefferie du gouvernement aux enjeux de 2019, à savoir les élections présidentielles.
“A l’évidence, il y a de la confusion dans les centres de décisions et le pouvoir cherche à se renouveler à l’occasion de la présidentielle. S’il n’y avait pas d’imprévu, nous irions droit vers un 5e mandat du président Bouteflika où vers un scénario identique ou presque”, a-t-il souligné.
Quant au rôle de l’institution militaire, l’interlocuteur a préconisé à ce que cette dernière soit accompagnatrice ou garante de tout consensus politique à même de sortir le pays de la crise.
Et Menasra de préciser: “Tout le monde connaît le rôle de l’armée dans la prise des décisions et on ne peut dans ce cas-là que respecter la donne et d’éviter de conduire l’institution dans des conflits politiques”.
L’ancien ministre qui a exercé sous la direction d’Ouyahia a nié que celui-ci ait une philosophie économique qui le pousserait éventuellement à remettre en cause la justice sociale et le soutien dont bénéficient les citoyens. “Aucun des chefs de gouvernement successifs, ni Ouyahia ni autre n’ont une vision économique car ils ne font qu’appliquer les orientations du Président”.
Par ailleurs, il a écarté l’hypothèse de présence de facteur extérieur en matière de la prise des décisions en haut lieu. “Ce n’est pas la France qui fait les présidents en Algérie. Il ne faut pas exagérer là-dessus”, a-t-il insisté.
En outre, il a refusé d’amplifier le “rôle des hommes d’affaires dans la confection des politiques” “.Nous ne sommes pas encore dans l’ère Moubarak en Égypte. Chez nous, les hommes d’affaires ne sont pas des ministres, et ce bien qu’ils aient de l’influence sur eux et tentent de les séduire”, a-t-il jugé.