Merouane Azzi: «Mesures audacieuses pour en finir avec la tragédie nationale»
La mouture de la révision constitutionnelle proposée par la présidence de la République a donné lieu à une autre constante de la Nation, à savoir «les valeurs de paix et de réconciliation nationale font partie des constantes de la Nation qui doit tout entreprendre pour leur défense, dans le respect de la République et de l’Etat de droit ».
La démarche entreprise par le président de la République jugé par ses partisans d’ « artisan de la réconciliation nationale », suscite tant d’interrogations sur son intention. Est-ce pour marquer l’histoire, couper l’herbe sous les pieds des opposants au processus de la réconciliation, en l’occurrence les organisations humanitaires ayant vu de la réconciliation une consécration de l’ « impunité », selon l’Amnesty.
Et Merouane Azzi, président de la Cellule d’assistance judiciaire pour l’application des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, d’expliquer le fait d’introduction de la charte pour la paix et la réconciliation nationale dans le préambule de la Consultation a souligné que « nous ne devons pas nier qu’il y ait des insuffisances dans la réconciliation nationale et parler d’elle de manière négative ne signifie point l’incrimination des gens… ».
Quant aux lectures faisant état de l’éventuelle promotion de la réconciliation nationale en une amnistie générale à travers la mouture de révision constitutionnelle, Merouane Azzi a dit « qu’il y ait de nouvelles mesures qui vont être prises par le président de la République pour en finir avec la tragédie nationale ».
Le président de la Cellule d’assistance judiciaire pour l’application des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale a précisé avoir appris ces informations et démenti que la démarche soit prise par le président pour que son nom soit lié au succès de la réconciliation nationale. « La réussite de la réconciliation nationale est un fait évident, et les 15.000 repentis en sont la preuve… l’expérience algérienne devient une référence mondiale », explique-t-il.
Pour l’ancien émir de l’Armée islamique du salut (AIS), Madani Mezrag qui a reçu une communication téléphonique d’Ahmed Ouyahia, chargé par le président Bouteflika de conduire les consultations de la révision constitutionnelle, de participer aux consultations a agi sur la mouture proposée par la présidence de la République en disant « ce que nous avons tiré de ce documents qui nous était parvenu c’est qu’il est très mauvais tant en matière de conception que dans les expressions employées… ce que l’on peut retenir de la lecture de cette mouture, on s’aperçoit que la commission technique en charge de son élaboration semble ignorer le fait qu’elle œuvre pour la règle la plus élevée de l’ordre juridique du pays ».
En dépit des insuffisances qu’il a tirées de cette mouture proposée au débat, Madani Mezrag a proposé d’aller vers un consensus national pour trancher les questions posées, sans pour autant nier l’apport de Bouteflika dans le processus de la réconciliation nationale. « Il est l’homme de la réconciliation, il s’est attiré l’hostilité en raison de la réconciliation », affirmant que la réconciliation doit être une page à plier mais pas à déchirer.
S’exprimant sur le même sujet, le général à la retraite, Abdelaziz Medjahed a déclaré à Echorouk qu’ « évoquer la paix et réconciliation nationale nous amène à parler d’aspirations et d’espoir communs et de dire que nous pouvions vivre ensemble les uns à côté des autres ». « La vraie réconciliation, c’est lorsque le citoyen se sent satisfait de son vécu », pense-t-il.
Même si Bouteflika tente par sa démarche de couper l’herbe sous les pieds des organisations humanitaires qui critiquant le processus de la réconciliation nationale, le général à la retraite a dit que « la réconciliation signifie le respect des principes de la justice et de l’équité… lorsque nous voyons les contestations des gardes communaux et des patriotes qui ont combattu le terrorisme d’un côté, et l’adoption d’une loi d’amnistie au profit des terroristes d’un autre, on se demandera comment apercevoir ce fait… ce que font les organisations humanitaires, telle Amnesty, elles nous montrent nos carences », juge-t-il.