Mezrag: «Nous n’avons pas demandé d’agrément pour éviter d’embarrasser l’Etat»
L’ancien leader de l’Armée islamique de salut (AIS) dissous, Madani Mezrag, a indiqué avoir décidé de patienter encore avant d’introduire une demande d’agrément pour la création d’un parti politique afin d’éviter de mettre l’Etat dans l’embarras, vu la conjoncture extérieure et intérieure qui prévaut actuellement.
Dans une déclaration au site électronique CNN en Jordanie,où il a pris part à un colloque sur la lutte contre l’extrémisme, Madani Mezrag a dit que « le fait de patienter avant de déposer sa demande d’attribution d’un agrément émane de sa conviction d’assumer certain préjudice en attendant que les conditions politiquement le permettent».
« Au sein du pouvoir, il y a pas mal de gens qui veulent ouvrir le champ politique aux Algériens pour se lancer dans une expérience politique et démocratique juste, mais la situation internationale et la fragilité de l’Etat, suite à la tragédie qui a encore laissé des séquelles au sein du peuple, nous imposent d’aller lentement et de subir un certain préjudice», a indiqué Mezrag.
L’ancien chef de l’AIS, dont la dernière apparition publique remonte au mois d’octobre dernier sur le plateau de chaîne El Watan, depuis fermée, a fait savoir qu’« il existe de fortes volontés d’en finir avec le dossier des détenus politiques».
« Les négociations se poursuivent en vue de trouver une formule appropriée. La question sera réglée prochainement. Il y a des promesses officielles sur la libération de 140 prisonniers », explique-t-il.
Interrogé sur les changements opérés au sein de l’institution militaire et des services de renseignement, Mezrag a affirmé que « le départ du général Toufik est tout à fait naturel vu son âge avancé, en plus du fait qu’il est resté dans son poste durant 27 ans, d’où il a fallu laisser place aux jeunes».