Moncef Marzouki: « nous ne sommes pas responsables des crimes commis par Ben Ali contre les algériens »
Le président de la IIème République tunisienne, Moncef Marzouki, a affirmé à Echorouk que les relations entre la Tunisie et l’Algérie seront meilleures par rapport à ce qu’elles étaient durant le règne de Ben Ali.
Juste après l’annonce de l’Alliance des partis de designer Moncef Marzouki en tant que président de la IIème République tunisienne, l’unique candidat à la présidence dans ce pays a affirmé à Echorouk que les relations entre la Tunisie et l’Algérie seront meilleures. « Les relations entre les deux pays (Tunisie et Algérie) seront des relations de fraternité et de coopération », a indiqué Marzouki à Echorouk à l’hôtel Majestic à Tunis. « Les conditions des ressortissants algériens en Tunisie qui étaient très difficiles durant le règne de Ben Ali seront meilleures. Les Algériens auront tous leurs droits », a-t-il déclaré. « Notre pays et nos cœurs sont ouverts pour nos frères algériens. Toutes les difficultés rencontrées lors du règne de la dictature seront dépassées », a-t-il encore affirmé.
Interrogé par Echorouk sur la situation des détenus algériens en Tunisie, notamment les islamistes emprisonnés dans des prisons secrètes lors du règne de Ben Ali, Marzouki a expliqué que tous les torts et dépassements commis contre les Algériens durant l’ancien régime seront réparés. Cependant, il a tenu à préciser que les nouveaux dirigeants tunisiens ne sont pas responsables des crimes et des dépassements commis par le régime de Ben Ali. Nous ferons de notre possible pour la régularisation des différents cas, notamment les cas humanitaires, de mariage, de résidence et d’héritage posés. Tous ces problèmes seront résolus dans les plus brefs délais possibles pour nos frères algériens et maghrébins. Les droits des maghrébins seront respectés en Tunisie qui est une partie du Maghreb arabe.
Concernant le dossier des martyrs et blessés tunisiens et algériens de la région de Karem el Gharbi tombés durant la révolution de Jasmin, il a affirmé que ce dossier sera l’une de ses priorités en tant que président de la République de la Tunisie. A ce propos, il s’est engagé à régler définitivement le dossier des martyrs et des blessés aux profits des victimes et de leurs parents. Toujours dans le même contexte, il a indiqué qu’il a chargé une commission pour étudier ce dossier.
Interrogé par Echorouk sur le cas de l’ancien Premier ministre libyen Mahmoud Baghdadi détenu en Tunisie après le demande de son extradition formulé par le CNT, il a indiqué que pour le moment le gouvernement tunisien ne s’est pas penché sur ce sujet. « Comme nous demandons l’extradition de Ben Ali à la Tunisie tout en assurant un procès équitable et transparent, quand ces conditions seront réunies en Libye nous livrerons Baghdadi aux autorités libyennes. Mais pour le moment, nous n’avons encore rien décidé à ce sujet », a-t-il conclu.