Moreno-Ocampo met en garde les autorités libyennes
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a mis en garde, mercredi, les autorités libyennes contre une enquête et des poursuites à leur encontre si elles contribuaient à “dissimuler” des crimes commis en Libye.
“Nous avons été très clairs : si des membres du ministère libyen des Affaires étrangères participaient à ces dissimulations, ils pourraient être poursuivis”, a déclaré le procureur argentin au cours d’une conférence de presse à La Haye, où siège la CPI.
Le bureau du procureur a envoyé une lettre mercredi au chef de la diplomatie libyenne Abdelati Obeidi appelant son ministère et “les autres autorités libyennes” à ne pas se rendre coupables de telles dissimulations, assurant que celles-ci font partie du “plan criminel” mis en place pour réprimer la rébellion dans ce pays. “Le régime libyen interdit à ses médecins d’enregistrer les morts dans les hôpitaux (…), les corps sont cachés”, a affirmé le procureur. “Lorsqu’une mosquée est attaquée, il arrive que cette mosquée soit détruite afin d’effacer tout lien avec le crime.”
Trois mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité délivrés
Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait demandé lundi aux juges de délivrer des mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre le colonel Mouammar, son fils Seïf el-Islam et le chef des renseignements libyens, Abdallah al-Senoussi. Dimanche, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, avait indiqué que son pays n’était “pas concerné” par les décisions de la CPI, dans la mesure où la Libye n’est pas un État partie au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI.
Les autorités libyennes ont toutefois l’obligation de coopérer avec la Cour, selon Luis Moreno-Ocampo : le 26 février, une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies a obligé ce pays, membre de l’ONU, à coopérer avec la CPI. Le procureur a également soutenu que la Libye aurait l’obligation de mettre à exécution les mandats d’arrêt qu’il a demandés au cas où les juges décideraient d’accéder à sa requête. Luis Moreno-Ocampo a, en outre, rappelé qu’il était en train d’enquêter sur d’autres crimes en Libye, dont le viol de femmes ayant été arrêtées. Son bureau cherche à savoir si le colonel Kadhafi a lui-même ordonné ces viols.
Le meurtre de ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, pris à tort pour des mercenaires par les rebelles libyens, est également examiné par le bureau du procureur, a ajouté la même source. La révolte en Libye, qui a débuté à la mi-février, a fait des milliers de morts, selon le procureur de la CPI, et poussé près de 750 000 personnes à fuir, selon l’ONU.