Mourad Medelci : « L'Algérie est à l'abri des événements qu'ont connus la Tunisie et l'Égypte »
Le ministre des Affaires étrangères a assuré lundi que l’Algérie est à l' abri des événements et des protestations qu’ont connus la Tunisie et l’Égypte, qui se sont soldés par la chute de Zine El-Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak…
Mourad Medelci a indiqué que notre pays a connu de pareils événements avant ceux qu’a connus la Tunisie. « L’Algérie a pu dépasser ces événements parce qu’elle a répondu positivement aux revendications populaires », a-t-il expliqué. S’exprimant lors d’une conférence de presse qu’il a animée avec son homologue portugais, Louis Amadou, à la résidence d’État d’El Mithak, Medelci a assuré que notre pays vit une situation normale et que l’ordre est rétabli dans les quatre coins du pays. Interrogé sur la situation qui prévaut dans notre pays au moment où des révolutions populaires secouent plusieurs pays maghrébins et du Moyen-Orient, il souligné : « Quand la pression sociale a atteint des degrés alarmant dans notre pays, le gouvernement a décidé de décompresser la situation en prennent les mesures qui s’imposent », a indiqué le ministre en référence aux différentes mesures prises par le gouvernement, notamment en matière de soutien des prix de l’huile et de sucre, en plus des dernières mesures prises en faveur des jeunes demandeurs d’emploi. « La pression sociale qu’a connue l’Algérie a été liée essentiellement à la vie quotidienne des citoyens », a-t-il ajouté. Dans un autre contexte, Medelci a indiqué que la médiatisation de la théorie des dominos dans le monde arabe est une lecture erronée des événements. A ce propos, il a souligné que ce qu’a vécu l’Égypte n’est pas forcement un prolongement des événements qu’a connus la Tunisie auparavant. Sur le plan politique, le ministre a démenti ce qu’ont rapporté certaines parties sur une soi-disant répression des libertés publiques dans notre pays, tel que le droit de manifester et de se rassembler à l’ombre de l’interdiction des marches au niveau de la Capitale, ces dernières semaines. « L’État n’interdit pas aux citoyens d’exprimer leurs points de vue politiques. Celui qui veut s’exprimer qu’il le fasse », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Même ceux qui n’ont pas manifesté à Alger ont pu transmettre leurs messages et leurs positions au monde entier.» Le ministre a par ailleurs exprimé la préoccupation de l’Algérie vis-à-vis de la situation difficile dans laquelle est plongée la Libye depuis près de 15 jours. Dans ce sillage, il a souhaité que les choses s’améliorent dans les plus brefs délais. « Nous sommes préoccupés avant les autres pays par ce qui se passe en Libye. Des institutions de l’État ont disparu », a-t-il dit en référence aux régions qui sont tombées entre les mains de l’opposition. « Nous sommes prêts à travailler pour rétablir la stabilité dans ce pays frère et voisin », a-t-il affirmé. Dans le même sillage, il a annoncé que l’Algérie a rapatrié depuis le début de la crise en Libye environ 2000 ressortissants algériens par avions, alors que 700 autres ont été évacués de Benghazi à bord d’un bateau (Tassili II). Le ministre a enfin démenti catégoriquement les informations rapportées par certains médias prétendant que l’Algérie aurait transporté des mercenaires à bord de ses avions…