Nebbou: “Les partis au pouvoir sont au service du système”
Le Front des forces socialistes (FFS) s’est dit irrité par les propos contenus dans le message adressé par le président de la République à l’occasion de la Fête de la Victoire dans lequel il accuse l’opposition de «pratiquer la politique de la terre brûlée».
«C’est le mépris qui verse de l’huile sur le brasier des colères ! Le terrorisme et la manipulation étrangère ne peuvent pas détruire des sociétés justes, libres, solidaires, conscientes, collectivement insérées dans un projet de construction nationale», adresse-t-il à la foule venue en grand nombre à la salle Atlas.
Lors de son allocution prononcée à l’occasion du meeting populaire organisé samedi 18 avril 2015 à la salle Atlas à Alger, Mohamed Nebbou a critiqué les leaders des partis au pouvoir qu’il qualifie de « fonctionnaires politiques » au service d’un système qui a pris en otage le pays, son peuple, ses institutions et ses richesses.
Pour lui, ceux-ci diffèrent d’autres fonctionnaires de l’Etat dont « la mission est de protéger le pays de l’effondrement, qui luttent à leur manière contre la corruption et l’incompétence, nous parlons des fonctionnaires du système ».
Le premier secrétaire du FFS a également critiqué le fait que les lignes rouges dressées par les partis au pouvoir soient limitées à la feuille blanche qu’a présentée le FFS dans le cadre de son initiative pour la reconstruction du consensus national.
« On s’attendait à un feu vert pour un changement convenu, progressif et organisé, mais on nous a mis une ligne rouge! », ironise-t-il. Leur ligne rouge n’est pas le caractère sacré de l’unité nationale, non plus le manifeste du 1er Novembre 1954 ou le caractère républicain de l’Etat mais plutôt la légitimité du président!», poursuit-il.
Le premier secrétaire du FFS a affirmé que la politique des lignes rouges qui divise le pouvoir et celle qui maintient justement le blocage et empêche tout passage vers un Etat de droit.
Nebbou a, par ailleurs, rappelé que son parti milite pour le changement du système et non des personnes, affirmant que le FFS ne s’oppose à Bouteflika en tant qu’une personne mais au système auquel il attribue la propagation de la corruption, le favoritisme, les campagnes de désinformation, les règlements de comptes, instrumentalisation de la justice, dilapidation des richesses du pays, dépendance absolue aux hydrocarbures…
En outre, il a plaidé en faveur de la langue amazighe affirmant que « Tamazight langue nationale et officielle, ni folklorisation, ni ghettoïsation », ajoutant que « Tamazight est pour nous une question nationale. Ce n’est pas une revendication isolée des autres revendications démocratiques. Ce n’est pas non plus une question que l’on peut confiner dans des célébrations folkloriques».
Nebbou est revenu également sur le rôle de l’armée dans la reconstruction du consensus national et rappelé la position du FFS émanant de la plateforme du congrès de la Soummam, à savoir la suprématie du politique sur le militaire. Pour lui, l’institution militaire doit être au service de la nation, du consensus politique et non au service d’un groupe ou d’un système donné, ajoutant qu’elle doit jouer le rôle de garant de la pérennité des Etats dans le respect du consensus politique.