Necib: “Pas d’exploration de gaz de schiste sans garanties”
Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib a affirmé samedi lors du forum d’Echorouk que la priorité de son secteur consiste à récupérer son argent, en obligeant les clients à s’acquitter de leurs factures impayées, estimées à près d’un demi-milliard de centimes, ajoutant qu’il n’y aura pas d’exploration du gaz de schiste qu’une fois toute les garanties soient réunies.
Le ministre des Ressources en eau a indiqué, également, que l’ère où l’on compte sur le Trésor public est révolue et qu’il est temps de chercher d’autres sources, ajoutant qu’il n’y aura plus de facturation forfaitaire des consomations d’eau.
Sonatrach est soumise à la loi… pas d’exploration sans garanties
L’invité du forum d’Echorouk a expliqué que le principe de préservation des ressources en eau est le même, tant pour le forage des puits traditionnels que pour les puits d’exploration du gaz de schiste, et qu’il y a des mesures portant sur la préservation de l’eau et l’environnement auxquelles doivent se soumettre la Sonatrach et autres compagnies… En outre, il a affirmé que l’exploitation du gaz non conventionnel n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement, expliquant qu’il s’agit actuellement là d’une phase d’évaluation.
Necib a révélé que son département donnait son avis sur le forage des puits traditionnels, et que la loi donne des garanties pour effectuer une étude sur l’impact d’exploitation du gaz de schiste sur l’environnement, notamment lorsqu’il s’agit de l’eau.
Quant à l’autorisation du forage du gaz non conventionnel, le représentant du gouvernement a expliqué qu’elle n’est délivrée que lorsque toutes les garanties sont réunies, à savoir l’isolation des nappes phréatiques qui se situent entre 800 et 2.000 m de profondeur, alors que le gaz de schiste se trouve entre 4 et 5.000 m de profondeur.
Hocine Necib juge aussi que le gouvernement n’avait pas suffisamment sensibilisé les citoyens sur le gaz de schiste, surtout que bien des personnes comparent le cas d’Algérie à celui de la France jugeant incomparables les deux cas de figure.
« Ils disent que l’Algérie dispose d’un tiers de la réserve mondiale en énergie non conventionnelle », a-t-il confié avant d’ajouter: «Aucune étude ne l’a prouvé. Ce sont les Américains qui le disent».
«De ce fait, souligne-t-il, nous sommes devant deux fatalités: garantir la protection de l’environnement et assurer le rendement de ce produit».
Interrogé sur les contestations de la population de In Salah, notre interlocuteur dira que «c’est tout à fait naturel qu’ils s’inquiètent pour l’environnement. Mais avec un dialogue sérieux et franc, nous pourrons régler ce problème», ajoutant que «nous avons tous quelque chose de commun, celui de l’amour de la patrie, dont nous n’admettons guère sa nuisance, que nous soyons au pouvoir ou de simples citoyens».