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Nezzar: «L’armée n’a jamais planifié l’arrêt du processus électoral»

الشروق أونلاين
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D.R
Le général à la retraite, Khaled Nezzar.

Le général à la retraite, Khaled Nezzar a nié que l’armée aurait planifié l’arrêt du processus électoral en 1992, et que tout ce qui le préoccupait à l’époque c’était la stabilité du pays, que Chadli Bendjedid avait effectivement démissionné et que Abdelaziz Belkhadem a menti sans scrupule en annonçant ne pas être au courant de la fin du mandat de l’APN.

Le général Nezzar est revenu, à travers son site électronique, sur le déroulement des événements lors de la décennie noire des années 90, afin de répliquer aux déclarations fournies à Echorouk par l’ex-chef de l’Armée islamique du salut (AIS), Madani Mezrag, et à celles de l’ex-ministre des Affaires étrangères sous Chadli, Taleb Ibrahimi à Al-Jazeera en revenant sur les négociations ayant eu lieu à la veille de l’arrêt dudit processus et les concessions faite par l’ex-FIS dissous, avant même que Chadli annonce sa démission.Khaled Nezzar a en effet comparé les déclarations de Madani Mezrag et Taleb Ibrahimi avec celles de l’ex-avocat du FIS, Bachir Mechri qui dit avoir été chargé par le président Chadli, par l’intermédiaire de Abdelkader Hadjar de transmettre un message à Madani Mezrag, qu’il qualifie de paradoxal.Le général Nezzar qui était au moment des faits à la tête du ministère de la Défense, a révélé que ce qui le préoccupait le plus c’était de sortir le pays d’une crise, d’éviter « l’afghanisation du pays », notamment après la «victoire» des seigneurs de guerre afghans sur l’ex-URSS et le retour massif des «Afghans algériens», au moment où les responsables politiques tenaient des pourparlers en catimini pour se répartir la récolte d’un processus démocratique égaré.L’ex-ministre de la Défense (1990-1993) a ajouté que l’institution militaire n’était pas au courant de ces négociations, avant de révéler que Madani Mezrag, après lui Taleb Ibrahimi avaient pris attache avec le beau-frère de Chadli pour lui confier la mission de remettre à ce dernier les propositions du FIS dissous.Il a également fait savoir que l’ex-ministre des Affaires étrangères sous Chadli avait déclaré à la chaîne Al-Jazeera avoir apprécié l’un des leaders du FIS, à savoir Abdelkader Hachani.Nezzar a indiqué également que Taleb Ibrahimi avait déclaré sur les antennes d’Al-Jazeera que le FIS aurait proposé d’accorder des sièges au second tour au FLN et le poste de Premier ministre, à l’ex-président du FFS, Hocine Aït Ahmed, en contrepartie de se contenter de trois portefeuilles ministériels, l’éducation, la justice et les affaires sociales.Force est de noter là-dessus, que ce sont les mêmes ministères choisis par Ennahda en Tunisie.  «Serait-il un hasard en fait ?», se demande-t-il. Nezzar a affirmé aussi que Madani Mezrag, Taleb Ibrahimi et d’autres personnalités politiques proches du FIS, FLN et du FFS qui accusent l’armée d’avoir mis en place préalablement  la nouvelle Assemblée ne veulent pas dire sciemment avec exactitude les choses telles quelles sont» et tentent même de faire croire que l’armée venait planifier un soi-disant coup de force.   «Notre préoccupation à l’époque, était le déroulement des consultations dans la sérénité, et nous n’avions aucunement l’intention d’exclure telle ou telle partie, bien que l’islam politique était armé et vendu aux Algériens », a-t-il dit en ajoutant « avoir veillé au respect de la pyramide des institutions de l’Etat ».« J’ai envoyé personnellement le général Mohamed Betchine- qui est toujours en vie- auprès des membres du conseil consultatif du FIS afin que ces derniers mesurent sagement leurs ambitions et n’envisagent point, par quelque procédé que ce soit, de mettre en danger les grands équilibres de la société algérienne.» Le général Nezzar a dit que selon les informations dont disposait l’armée à l’époque, le FIS s’attendait à remporter 2/3 des suffrages exprimés au second tour, et que le taux élevé d’abstention faisait ses affaires. « Notre souci était que ceux qui allaient prendre les responsabilités pour la première fois ne déstabilisent pas le pays, comme ce fut le cas avec l’ex-parti unique, le FLN », a-t-il indiqué.    «Notre seul souci, dit-il, était la stabilité du pays et le respect des libertés de tous les Algériens. Nous n’avions à aucun moment planifié quoi que ce soit et, ni  envisagé l’arrêt du processus électoral.»Quant à l’interview que Madani Mezrag a accordée à Echorouk, Nezzar a dit à ce propos que les révélations de ce dernier ne sont pas correctes. Le souci majeur de l’ANP était de voir de se dérouler  les élections transparentes, libres et honnêtes. Aussi déplaisant que cela puisse paraître à ceux qui défendent la thèse d’un coup d’Etat, le président Chadli a effectivement démissionné, et l’a exprimé via plusieurs chaînes de télévision et l’a même affirmé dans ces mémoires parues récemment.Le général Nezzar réplique au passage à l’ancien président de l’APN, Abdelaziz Belkhadem : «N’en déplaise à ceux qui ont menti sans scrupule, le mandat de l’APN était lui aussi bel et bien fort clos. J’ai eu l’occasion de le prouver le jour où je me suis exprimé sur ce sujet sur l’antenne d’une chaîne de télévision.»L’ancien ministre de la Défense estime aujourd’hui que les regards du monde sont rivés sur l’Egypte et la Tunisie, deux pays qui sont en train presque de vivre le même scénario qu’en Algérie. Selon lui, l’islamisme politique, était au début financé et encouragé par les officines occidentales, est maintenant décrédité.

 

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