Nos frontières du Sud ne sont pas sécurisées, des experts tirent la sonnette d’alarme
Des experts algériens tirent la sonnette d’alarme contre les conséquences directes sur l’Algérie de la crise au Nord-Mali. La crise malienne aura des conséquences « catastrophiques » sur la région du Sahel durant les prochaines 20 années. En effet, ces experts n’excluent pas la reproduction des modèles somalien et afghan.
« L’annonce des Touareg maliens d’un État indépendant au nord du Mali aura des conséquences directes sur les pays voisins, notamment l’Algérie qui est la première puissance régionale », a expliqué à Echorouk le docteur Ahmed Adhimi, expert en affaires sécuritaires. « Une éventuelle intervention de l’Algérie au Mali aurait des conséquences désastreuses sur l’armée algérienne qui n’en sortira pas indemne, et c’est justement ce que veulent les pays occidentaux », a-t-il ajouté. « Des puissances internationales veulent jeter l’Algérie dans le bourbier malien. Par la suite, ces puissances exploiteraient cela militairement, financièrement et même humainement”, a-t-il dit lors de son intervention au forum d’Echorouk. En effet, ces puissances veulent cerner l’Algérie par le sud après qu’elle soit devenue le plus grand pays arabe et africain en matière de superficie après la division du Soudan. Il n’est un secret pour personne que l’Algérie dispose d’importantes ressources naturelles et humaines. En plus de cela, elle dispose de la plus grande puissance militaire en Afrique du Nord.
A une question sur les derniers développements alarmants dans la région du Sahel, Ahmed Adhimi affirme que la région avance vers une vraie catastrophe. « La crise malienne actuelle est le résultat direct de la chute du régime libyen de Mouammar Kadhafi », a-t-il déclaré. Selon lui, le Niger sera la prochaine étape dans le processus de reconstitution de la région après sa division conformément à un plan occidental. Pour faire face aux dangers qui guettent la région du Sahel, cet expert sécuritaire appelle les autorités algériennes à imposer sa puissance dans la région. Dans le même contexte, il a indiqué que l’Algérie ne doit pas rester passive quant à ce qui se passe sur ses frontières sud. « sur le plan externe, il faudrait passer d’une diplomatie défensive à une diplomatie offensive. Il faudrait également renforcer ses relations avec tous les pays voisins. Sur le plan interne, les autorités algériennes doivent renforcer l’unité nationale. Un tel objectif ne peut se réaliser sans l’élimination de la hogra, de la marginalisation, du régionalisme et sans l’établissement d’une vraie démocratie », a-t-il dit.
Pour sa part, l’universitaire Abdelaali Rezagui affirme que l’Algérie est le pays le plus exposé aux dangers de la crise malienne. « Il y a vraiment de quoi nous inquiéter, vu que nos frontières sud ne sont pas bien sécurisées », a-t-il dit. « Le refus du gouvernement algérien de vendre les puits de pétrole aux privés après la révision de certains articles de la loi sur les hydrocarbures a augmenté les appétits de certaines parties qui désirent exploiter le pétrole algérien », a-t-il indiqué.