Nouvelle loi pour la cession de fermes coloniales à 200 mille fellahs
Le ministre de l’agriculture et du développement rural a révélé que 2 millions cinq cent mille hectares de terre agricoles appartenant à l’Etat, sont exploitées par quelque deux cent mille agriculteurs privés depuis des décennies. Ces terres sont réparties sur mille cinq exploitations agricoles utilisées par des privés sous forme d’exploitations individuelles et collectives dont la surface est estimée à deux millions cinq cent mille hectares alors que les exploitations agricoles privées à cent pour cent sont au nombre d’un million cent mille, réparties sur une superficie de six millions d’hectares.
- Rachid Benaissa a indiqué que le problème des exploitations agricoles collectives sera définitivement résolu grâce à cette nouvelle loi à travers laquelle ces agriculteurs bénéficieront de contrats de concession pour les terres qu’ils possèdent. Cette loi concerne toutes les terres dont disposaient les colons français à l’époque et qui sont devenues par la suite des fermes socialistes, puis des exploitations agricoles collectives ou individuelles. Après l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions, ces terres deviendront des exploitations individuelles.
- La nouvelle loi sur le foncier vise à rassurer quelque 200 mille agriculteurs et libérer les initiatives. Ce projet de loi est toutefois au stade de propositions et demeure soumis au débat. Il passera ensuite par le gouvernement, le conseil des ministres, puis les deux chambres du parlement. Il pourrait donc être amendé ou enrichi tout au long de ces étapes. Quoiqu’il en soit, l’Etat ne retirera pas les terres aux fellahs qui les exploitent !
- Invité du forum Echorouk, le ministre de l’agriculture a par ailleurs déclaré que l’Algérie a prouvé qu’elle était capable de parvenir à une sécurité alimentaire. Le pays a économisé un montant de 2 milliards de dollars sur la facture d’importation de produits alimentaires en 2009. La loi d’orientation agricole et la politique de renouveau agricole y ont beaucoup aidé, ainsi que les contrats de performances avec les wilayas, instaurés récemment. Les différentes filières agricoles se développent positivement, ce qui ne sera pas sans impact sur le niveau de la sécurité alimentaire nationale, a expliqué le ministre.
- Les résultats sont tangibles. La production céréalière a dépassé 6,1 millions de tonnes en 2009 et la superficie consacrée à cette culture est passée à 6 millions d’hectares à l’échelle nationale. Des résultats d’autant positifs puisque la production céréalière est stratégique y compris sur le marché mondial.
- Les céréaliculteurs continueront de bénéficier du soutien de l’Etat les cinq prochaines années. De plus, 33 milliards de dinars ont été dégagés pour construire de nouveaux espaces de stockage.
- Benaissa n’omet pas de rappeler également que l’Algérie revient à l’exportation des céréales après 40 ans d’importation. Ce come-back n’est pas pour plaire à certaines parties à l’intérieur du pays, et étrangères qui espéraient que l’Algérie demeurerait un marché pour écouler les produits agricoles importés uniquement ! Les critiques à l’encontre de l’orge algérienne destinée à l’exportation allaient dans ce sens, a expliqué l’hôte d’Echorouk, tout en certifiant l’excellente qualité de cette orge critiquée, et de l’orge algérienne globalement.
- L’Algérie compte désormais troquer l’orge contre le blé tendre dont la production reste assez timide chez nous.