Obasanjo apaise Nkunda, mais…
Le défilé de l’émissaire de l’ONU se poursuit dans la région des Grands Lacs en vue de désamorcer la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo où persistent les violences. Ce dimanche, Olesegun Obasanjo a rencontré le chef des rebelles, Laurent Nkunda.
- Au terme des discussions entre Obasanjo et Nkunda qui ont duré près de deux heures, le chef de la rébellion congolaise a affirmé vouloir négocier un cessez-le-feu avec Kinshasa, tout en soulignant que ses troupes respectaient la trêve décrétée unilatéralement. L’émissaire onusien a été plus loin en déclarant qu’un “cessez-le-feu est comme danser le tango: on ne peut pas être seul” à respecter la cessation des hostilités. De ce fait, la création d’une commission tripartite pour contrôler le respect de la trêve est annoncée.
- Sur le terrain, des combats violents ont éclaté entre les forces gouvernementales et les insurgés à Ndeko, et même si auparavant Nkunda affirmait que ses hommes ne faisaient que riposter aux attaques, rien ne peut infirmer ou confirmer ses dires.
- Laurent Nkunda a par ailleurs accepté d’ouvrir un corridor humanitaire pour l’acheminement de l’aide aux réfugiés dans l’Est la province du Nord-Kivu affectée depuis le mois d’août dernier par des affrontements sporadiques qui ont fait plus de 250 mille déplacés selon les estimations de l’ONU.
- C’est justement pour parvenir à une paix durable que l’émissaire onusien, et ancien président nigérian effectue des consultations dans la région des Grands Lacs. Obasanjo a affiché son satisfécit après sa rencontre avec le président congolais Joseph Kabila qui ne fixe aucune condition pour discuter avec les insurgés, et ne paraît pas déçu de son entrevue avec le chef de la rébellion. Il a également rencontré le président angolais, allié de Kinshasa qui a assuré qu’aucun soldat angolais ne combattait aux côtés de l’armée de la RDC, comme colporté par la rumeur, et sa prochaine étape est le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles.
- La communauté internationale est pour l’instant dans l’expectative, elle observe, quelque peu sceptique, et c’est dans ce sens que la France préparerait au Conseil de sécurité de l’Onu un projet de résolution autorisant l’envoi de trois mille militaires en renfort, vu les difficultés que rencontrent les casques bleus.