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OFFICIEL, cette menace mondiale a envahi la France!

Echoroukonline
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D.R

L’Elbe, l’Ebre, la Garonne, la Loire, le Rhône, le Rhin, la Seine, la Tamise et le Tibre: tous sont envahis par les microplastiques, révèlent 14 études publiées, ce lundi 7 avril, simultanément dans la revue « Environmental Science and Pollution Research ».

 « La pollution est dans tous les fleuves européens » étudiés. Le constat sans appel émane de Jean-François Ghiglione, directeur de recherche CNRS en écotoxicologie microbienne marine, qui a coordonné en 2019 une campagne de grande envergure sur la présence des microplastiques dans neuf grands fleuves du vieux continent, rapporte l’AFP. L’Elbe, l’Ebre, la Garonne, la Loire, le Rhône, le Rhin, la Seine, la Tamise et le Tibre: tous sont envahis par les microplastiques, révèlent 14 études publiées, ce lundi 7 avril, simultanément dans la revue « Environmental Science and Pollution Research ».

Cette expédition Tara Microplastiques a impliqué 40 chimistes, biologistes et physiciens de 19 laboratoires de recherche, et de nombreux thésards et post-doctorants, avec le soutien de la fondation Tara Océan. Dans les neuf fleuves étudiés, une même méthode a été appliquée, avec un minutieux travail de recueil et d’analyse d’échantillons prélevés à l’embouchure des fleuves, puis en remontant les cours d’eau jusqu’à la première grande ville de chaque fleuve. Résultat : la pollution « alarmante » observée est en moyenne « de trois microplastiques par mètre cube d’eau » dans chacun d’eux, selon les scientifiques, a rapporté l’Humanité.

« Dans le Rhône, 3 000 particules plastiques à chaque seconde »

C’est encore loin des records des fleuves les plus pollués de la planète (Fleuve Jaune, Yang Tse, Mekong, Gange, Nil, Niger, Hindus, Amour, Perle, Hai He) qui compte 40 de ces particules inférieures à 5 millimètres par m3, mais rapportés au débit les chiffres sont des plus inquiétants. « À Valence, dans le Rhône, on a un débit de 1 000 mètres cubes par seconde, ça veut dire qu’on a 3 000 particules plastiques à chaque seconde », relève Jean-François Ghiglione. Sur la Seine, c’est 900 par seconde.

Grâce à une avancée dans les méthodes d’analyse mises au point en cours d’étude, ces recherches ont permis une découverte qui a « surpris » les scientifiques : la masse des microplastiques les plus petits, invisibles à l’œil nu, est plus importante que celle des particules visibles. Or, « les grands microplastiques flottent et sont prélevés en surface, tandis que les invisibles sont répartis sur toute la colonne d’eau et sont ingérés par beaucoup d’animaux et d’organismes », alerte le directeur de recherche du CNRS.

L’une des 14 études a également identifié une bactérie virulente sur un microplastique dans la Loire, capable de déclencher des infections chez l’homme.

Autre résultat inattendu : un quart des microplastiques découverts dans les fleuves ne sont pas issus de déchets, mais de plastiques primaires industriels. Ces granules, également baptisées « larmes de sirène », se retrouvent aussi parfois sur des plages infestées après un accident maritime. Ce résultat, qui porte sur la France, a pu être établi grâce à une vaste opération de sciences participatives baptisée « Plastique à la loupe », unique au monde, impliquant 350 classes de collèges et lycées français, soit quelque 15 000 élèves chaque année faisant des prélèvements sur les berges des fleuves. On y retrouve aussi les fibres de textiles synthétiques issues du lavage, les microparticules qui jaillissent sous les pneus des voitures ou lors du dévissage du bouchon d’une bouteille d’eau.

En Méditerranée, y a-t-il vraiment 2 millions de fragments de microplastiques par km2?

De quoi faire dire aux scientifiques que le recyclage des déchets plastiques ne suffit pas et que c’est bien à une réduction de sa production qu’il faut s’atteler. « La coalition scientifique internationale dont nous faisons partie (dans le cadre des négociations onusiennes internationales sur la réduction de la pollution plastique, NDLR) demande une réduction majeure de la production de plastique primaire, parce qu’on sait que la production de plastique est complètement reliée à la pollution », indique ainsi à l’AFP Jean-François Ghiglione.

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