ONU: les Palestiniens déposent la demande historique d'adhésion de leur État
Le président Mahmoud Abbas devait présenter vendredi la demande historique d'adhésion à part entière d'un État de Palestine à l'ONU, malgré d'intenses pressions depuis des mois pour l'en dissuader.
Plus de soixante ans après le partage de la Palestine, M. Abbas a prévu de remettre la demande au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui devait la transmettre sans tarder pour examen au Conseil de sécurité, comme le prévoit la procédure de l’ONU. Israël et les États-Unis s’opposent catégoriquement à cette initiative, exigeant qu’elle soit précédée d’un accord de paix avec l’Etat juif.
Cette démarche historique était prévue à 11H35 (15H35 GMT), avant le discours de M. Abbas à la tribune de l’ONU prévu environ une heure plus tard, a indiqué l’ambassadeur palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour.
M. Ban transmettra la demande “vers le milieu de l’après-midi” à la mission du Liban, pays qui assure ce mois-ci la présidence tournante du Conseil de sécurité, a-t-on appris vendredi de source onusienne.
“L’administration américaine a fait tout ce qui était en son pouvoir pour faire échec à notre projet. Mais nous allons aller de l’avant, en dépit des obstacles et des pressions, car nous voulons obtenir nos droits, nous sommes le seul peuple au monde encore sous occupation”, a affirmé jeudi soir M. Abbas lors d’une rencontre avec une délégation d’Américains d’origine palestinienne.
M. Abbas a redit avoir rejeté plusieurs propositions présentées comme des alternatives à sa demande, sans préciser lesquelles, mais indiquant que certaines étaient “irrationnelles et très éloignées du droit international”.
Le président américain Barack Obama a récusé mercredi à la tribune de l’ONU comme un “raccourci” illusoire la demande palestinienne à laquelle les États-Unis comptent opposer leur veto au Conseil de sécurité si nécessaire.
Après son discours, “le président Abbas rentrera (à Ramallah) pour étudier les options des Palestiniens, lors d’une réunion avec la direction palestinienne, notamment l’initiative présentée par le président Nicolas Sarkozy”, a indiqué jeudi le négociateur palestinien Saëb Erakat.
Le président français a appelé mercredi l’Assemblée générale à accorder à la Palestine le “statut intermédiaire d’État observateur”, identique à celui du Vatican, parallèlement à des négociations israélo-palestiniennes pour parvenir à un accord de paix “définitif” d’ici un an.
Actuellement, les Palestiniens doivent se contenter d’être une “entité ayant le statut d’observateur” à l’ONU.
Israël a opposé vendredi une fin de non-recevoir à la proposition de M. Sarkozy.