Ouyahia: «Ceux qui appellent à l’intervention de l’armée sont antidémocratiques»
Le chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia a imputé la responsabilité à l’Etat dans sa gestion de la crise que traverse Ghardaïa qui prend de dimensions dangereuses en dépit des moyens déployés sur place, et s’est attaqué en revanche à ceux qui appellent l’armée à intervenir afin d’arrêter le processus électoral.
Le nouveau chef de cabinet de la Présidence et membre de la campagne électorale de Bouteflika fait sans nul doute allusion à Mouloud Hamrouche et Mohamed-Tahar Yala.
S’exprimant en langue tamazight lors d’un entretien accordé à la chaîne satellitaire « Berbère TV », Ahmed Ouyahia a jugé « antidémocratiques » les revendications de l’opposition interpellant l’institution militaire à intervenir et au boycott des élections présidentielles, affirmant que le fait de descendre dans la rue pour attirer plus d’opposants au quatrième mandat « n’est pas une meilleure solution ».
« Effectivement, ce sont des Algériens et ils peuvent exprimer leurs position, mais je pense que la rue n’est pas un meilleur choix car la loi interdit les manifestations à Alger. Il est inutile de défier la loi », a-t-il annoncé ajoutant qu’il est antidémocratique de s’opposer à la candidature de Bouteflika qui a rempli toutes les conditions, d’autant que le Conseil constitutionnel qui jouit de toutes ses prérogatives ait validé son dossier de candidature.
Quant aux appels lancés pour l’intervention de l’armée pour sauver le pays, l’ex-Premier ministre a qualifié les initiateurs d’ « antidémocratiques ».
« Dans la conjoncture actuelle, Bouteflika est l’homme qu’il faut et à même de rassembler les Algériens au égard des risquent que vit le pays tant l’intérieur qu’à l’extérieur », a estimé Ouyahia en faisant allusion aux révolutions ayant secoué la Tunisie, la Libye, l’Égypte et la Syrie, ainsi que la situation qui prévalait le Mali.
Interrogé sur les événements de Ghardaïa, il a reconnu que « l’Etat n’a pas fait tout ce qu’il devait faire », insistant en même temps sur les efforts déployés par les autorités depuis 2008, date à laquelle ont éclaté les événements de Berriane.
En outre, il a rejeté la thèse d’un conflit opposant Ibadites aux Malékites, expliquant que les revendications de cette population sont d’ordre socio-économiques.
Par ailleurs, il n’a pas manqué de pointer du doigt des parties tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays qui tentent, selon lui, à déstabiliser ladite wilaya.
S’agissant de la revendication de la langue amazighe, Ahmed Ouyahia a dit que Tamazight a connu beaucoup de progrès sous l’ère de Bouteflika. « Personne ne peut nier dans l’histoire de notre pays que c’est Bouteflika qui a inscrit Tamazight langue nationale dans la Constitution et non Massinissa », a-t-il jugé.