Ouyahia : les islamistes condamnés pour terrorisme resteront en prison
Le Premier ministre algérien a démenti dimanche la prochaine libération, en vertu du programme de réconciliation nationale, de milliers d'islamistes emprisonnés pour terrorisme notamment lors de la décennie noire qui a traumatisé les Algériens avec ses quelque 200.000 morts officiels.
- “Je démens formellement cette rumeur avec tous le respect dû aux ‘frères’ qui l’ont annoncée”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
- Le 16 mai, le dirigeant salafiste Abdelfetah Ziraoui et l’un des fondateurs du Front islamique du Salut (FIS, dissous) avaient affirmé qu’entre 7.000 et 8000 détenus islamistes qui se sont engagés à renoncer aux violences pour bénéficier de la politique de réconciliation nationale seraient prochainement libérés. La date du 5 juillet, jour de la fête nationale, avait été largement évoquée dans la presse algérienne.
- Après la mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui a permis depuis 2006 l’amnistie en échange de la reddition avec dépôt des armes pour des milliers d’islamistes, “les oulémas (théologiens) d’Algérie et de l’étranger ont appelé à une amnistie en faveur tous les prisonniers de la tragédie nationale”, avait indiqué M. Ziraoui.
- Toutefois, de nouvelles mesures touchant les acteurs de cette période pourraient être prochainement annoncées. Au moment de la conférence de presse de M. Ouyahia, le Président de la cellule d’assistance judiciaire pour l’application de la Charte, Merouane Azzi, estimait nécessaire de compléter l’arsenal en cours par de nouvelles dispositions, lors d’une conférence organisée par le journal gouvernemental El Moudjahid.
- “Des mesures seront annoncées dans les prochaines semaines”, a-t-il dit. Elles toucheront, a-t-il seulement énuméré, des islamistes condamnés pour terrorisme, des enfants nés dans les maquis islamistes, les femmes violées, les familles de disparus et les familles de terroristes morts dans le maquis.