Ouyahia : « Seul le président de la République peut décider de ma démission »
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a exclu l’éventualité de remettre sa démission avant la tenue des prochaines élections législatives. Il a en outre expliqué que cette question dépend exclusivement d’une décision émanant du président de la République. Sur un autre plan, le secrétaire général du RND s’est dit opposé à l’utilisation par la Turquie, à des fins politiques propres, de la colonisation française en Algérie.
Le Premier ministre a minimisé l’impact des voix qui se sont élevées récemment et qui réclamaient la démission de son gouvernement et qui refusaient qu’il (gouvernement) supervise les prochaines élections législatives. Intervenant lors d’une conférence de presse tenue au siège du Rassemblement national démocratique (RND) à Ben Aknoun (Alger), au lendemain de la 5ème session ordinaire du Conseil national du parti, Ahmed Ouyahia a expliqué que sa démission reste du seul sort du président de la République. «Les élections législatives de 2002 et de 2007 ont été supervisées par un chef du gouvernement (Ali Benflis) et le secrétaire général du Font de libération nationale (FLN) (Abdelaziz Belkhadem) et personne n’a critiqué les résultats de ces élections », a souligné . Ouyahia qui s’interroge sur les raisons qui poussent certaines parties à demander la démission de son gouvernement avant la tenue des prochaines élections législatives. A la question de savoir si le RND soutiendrait le président Bouteflika si ce dernier était candidat à un quatrième mandat, Ouyahia a répondu : « Pensez-vous qu’un quatrième mandat (du président) rendra service à l’Algérie ? », soulignant par la même que la question des mandats présidentiels ne constituait pour son parti ni un sujet « ni un fonds de commerce ». Concernant ses ambitions politiques, il a indiqué que l’Algérie se dirigeait vers « un véritable pluralisme » et que « ce qui importe le plus aujourd’hui ce sont les prochaines législatives. La présidentielle est encore loin », a-t-il dit.
La Turquie doit cesser d’utiliser à des fins politiques la colonisation française en Algérie
Le secrétaire général du RND s’est dit opposé à l’utilisation par la Turquie, à des fins politiques propres, de la colonisation française en Algérie, dans la polémique suscitée par une loi du Parlement français criminalisant ce qu’il qualifie de « génocide » arminien. « Nous disons à nos amis turcs de cesser de faire de la colonisation de l’Algérie un fonds de commerce », a déclaré Ouyahia. « Personne n’a le droit de faire du sang des Algériens un fonds de commerce », a asséné le secrétaire général du RND qui répondait à une question sur les déclarations d’officiels turcs sur les crimes commis par la France durant la colonisation de l’Algérie. Considérant la Turquie comme un pays « ami », il a néanmoins rappelé que ce même pays qui est membre de l’Alliance atlantique (OTAN), « avait voté contre la question algérienne de 1954 à 1962 ». « La Turquie qui était membre de l’OTAN, pendant la guerre d’Algérie, et qui l’est encore, avait participé, de part sa qualité de membre de cette Alliance à fournir des moyens militaires à la France, dans sa guerre en Algérie, au moins par l’achat d’une bombe larguée en Algérie ou d’une balle tirée contre des Algériens » a conclu Ouyahia.