Parlement parallèle et des commissions d’enquête sur la fraude : 16 partis boycotteront l’APN
Les dirigeants de 16 partis politiques ont décidé lundi de boycotter les travaux de l’Assemblée populaire nationale (APN) qu’ils qualifient d’illégitime et de ne pas reconnaître le gouvernement issu de cette assemblée.
Par ailleurs, ils ont annoncé l’installation d’un « Parlement populaire » le 26 mai prochain. Cette date n’est pas fortuite puisqu’elle coïncide avec l’installation officielle de la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN). Outre cela, les 16 partis ont annoncé la constitution de commissions politiques qui seront chargées d’enquêter sur ce qu’ils qualifient de « transgression de la volonté populaire ». d’autre part, ils ont prévu d’élaborer un « livre blanc» sur le phénomène de la fraude lors des précédentes élections législatives. En plus de tout cela, les 16 partis mécontents des dernières législatives du 10 mai appellent à l’installation d’un gouvernement d’union nationale pour gérer ce qu’ils appellent « la période de transition vers un régime démocratique pluraliste correct ».
Les 16 partis politiques ont tenu lundi une réunion politique au siège du Front de la justice et du développement d’Abdallah Djaballah. Cette réunion a duré plus de quatre heures. A l’issue de cette réunion, les partis sont sortis avec une plateforme commune. Cette dernière a été qualifiée d’« exploit » et de « première » dans les annales des partis politiques algériens. Les partis ayant pris part à cette réunion se sont constitués sous un «Front politique pour la sauvegarde de la démocratie.»
Ce Front estime qu’à travers les résultats des élections législatives du 10 mai 2012, le pouvoir algérien a montré son refus à tout changement. Le Front politique pour la sauvegarde de la démocratie estime également que le pouvoir a recouru à la fraude lors du dernier scrutin ce qui a remis, estiment les partis, l’ère du parti unique. «Agissant de la sorte, les pouvoirs publics ont confisqué la volonté populaire », estiment plusieurs présidents de parti.
Ont adhéré au Front politique pour la sauvegarde de la démocratie, le Front de la justice et le développement (FJD), le Front de l’Algérie nouvelle (FAN), le Front de l’entente nationale (FEN), le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), le parti El-fedjr el-Djadid, le Front national démocratique, le Front national algérien (FNA), le Mouvement El-Infitah, le Front du changement (FC), le Parti de la justice et du manifeste, le Mouvement de la jeunesse démocratique (MJD), le Mouvement national pour la nature et le développement, le Mouvement des nationalistes libres et le Front de la bonne gouvernance.
Soulignons enfin que ces formations politiques qui disposent de 28 sièges sur les 462 que compte l’Assemblée populaire nationale (APN), ont convenu d’un rejet des résultats des élections législatives du 10 mai dernier.