Patrick Poivre d’Arvor à Echorouk : « la réussite de la presse écrite ne sera complète qu’avec l’ouverture de l’audio-visuel »
La star de la télévision française, Patrick Poivre d’Arvor, a tenu à rencontrer la presse algérienne avant de donner sa conférence hier au salon international du livre. Patrick Poivre d’Arvor a parlé de son long parcours professionnel dans les différentes chaines françaises en toute humilité. Et en marge de cette rencontre, il a accepté volontiers de répondre aux questions d’Echorouk, d’où l’entretien suivant.
-
Echorouk : Après plusieurs années depuis votre dernière visite en Algérie..Comment la trouvez-vous, surtout que vous êtes l’invité du SILA ?
P. P. d’Arvor : Comme je l’ai dit, je suis toujours content quand il s’agit de la célébration du livre, parce que je suis convaincu de sa grande importance pour la renaissance des peuples. Je pense que le SILA, qui est à sa quinzième édition, est une grande réalisation qui mérite le soutien et l’encouragement. Ma relation avec l’Algérie est très particulière. Je connais beaucoup de choses sur l’Algérie, à travers des hommes culture que j’ai rencontrées, ou bien que j’ai côtoyées en France, à l’image de Rachid Mimouni, Kateb Yacine et autres. Je pense que la créativité en Algérie se porte bien. Quelques romans ont dépassés les frontières et connaissent une surprenante popularité, et sont traduits vers plusieurs langues. Ce qui est sûr, c’est que je me sens très à l’aise quand je suis en Algérie.
Echorouk : A travers votre expérience comme journaliste dans les différentes chaines françaises..que pensez-vous de la revendication de l’ouverture du secteur de l’audio-visuel aux privés en Algérie ?
P. P. d’Arvor : D’habitude, je n’aime pas m’immiscer dans les affaires internes d’un Etat, parce que l’ouverture du secteur est, premièrement, l’une des prérogatives de l’Etat, et en ma qualité de journaliste français, cela ne m’intéresse pas. Mais, je peux vous répondre à travers mon expérience sur le terrain et ma spécialité dans le domaine de l’audio-visuel. J’ai remarqué que la presse écrite en Algérie est active, développée et audacieuse dans l’expression d’opinions et les discussions de décisions. Je pense que la télévision et la radio peuvent faire la même chose. Le plus important est que ces moyens respectent l’éthique professionnelle et ne sortent pas de leur cadre médiatique parce que leurs missions sont l’information et l’instruction. Je pense que l’ouverture est importante, mais doit se faire en fonction d’un cahier de charges clair, qui impose aux professionnels des règles fermes et réglementer l’opération médiatique.
Echorouk : Vous avez certainement entendu de la polémique autour de « Hors la loi. » L’avez-vous vu et que pensez-vous de l’avis de l’extrême droite en France ?
P. P d’Arvor : Vous me questionnez sur un de mes amis les plus proches et adoré, en la personne de Rachid Bouchareb. Rachid est un ami intime, je l’aime pour son courage et pour l’intérêt qu’il accorde à l’histoire. Je respecte beaucoup ses films et les efforts qu’il fournit. Pour moi, le film « Hors la loi », malheureusement, je n’ai pas eu la chance de le regarder même si au fond de moi je l’aurai bien souhaité. Surtout que je fais partie de ceux qui ont encouragé Bouchareb à aller vers l’avant. Quant aux réactions, je pense que tout le bla-bla qui s’en est suivi n’est qu’une « tempête dans une tasse de thé » parce que le discours de l’extrême droite est aveugle et idiot.
Echorouk : Lors de la conférence de presse, vous aviez-dit que vous préférez les hommes de culture aux politiques..Alors, aviez-vous pensé à vous entretenir avec Mami ou Khaled par exemple ? Et comment aviez-vous réagit à l’affaire de Mami ?
P. P d’Arvor : Franchement, je n’ai interviewé aucun des deux chanteurs. Je n’ai jamais rencontré Mami. Pour ce qui est de l’affaire de son emprisonnement et du bruit médiatique qu’elle a fait en France et en Algérie, croyez-moi, je ne m’en suis pas intéressé et je n’ai rien à dire parce que la question ne me concerne aucunement.