Polémique autour des caméras de surveillance
Des militants des droits de l’Homme et des juristes ont manifesté leurs préoccupations vis-à-vis de l’installation de caméras de surveillance dans les lieux publics d' Alger ». Ils mettent en garde contre l’impact négatif de ces caméras sur les libertés individuelles des Algériens annoncées dans la Constitution…
Ces personnalités se sont, certes, mises d’accord sur la nécessité d’utiliser ces techniques qui ont pour but la lutte contre la criminalité et protéger les citoyens et leurs biens. Cependant, ils avertissent contre le recours abusif à ces caméras qui constitueraient une violation des libertés individuelles des personnes en cas d’installation des caméras qui peuvent filmer ce qui ne doit pas l’être (hors vue). Maître Khaled Berghel trouve que l’installation des caméras-vidéos de surveillance dans des lieux publics est tout à fait naturelle et que c’est une mesure déjà appliquée dans d’autres pays. Son but est « de protéger les personnes et leurs biens ». Contacté par Echorouk, notre interlocuteur a dit que cette mesure « n’enfreint en aucun cas les textes de la Constitution et celui qui dit le contraire doit le prouver ». Boudjemaâ Ghechir, président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (Ladh), a de son côté, partagé le même avis que celui de Maître Berghel, en annonçant que : « Je ne trouve pas que cette mesure constitue une infraction à la Constitution, car ces caméras, installées dans des lieux publics incitera les gens à avoir de bons comportements qui seront compatibles avec les mœurs et l’ordre public.» « Ces caméras ne représentent aucun préjudice, étant donné que l’intimité dans les foyers, bureaux et des personnes est respectée.» Ces deux hommes, ont catégoriquement refusé le recours à cet appareillage s’il est doté de techniques sophistiqués qui peuvent capter les sons et les photos à distance. Cet état de fait sera sanctionné par la loi. Force est de souligner, qu’après l’affirmation du ministère de l’Intérieur que les caméras de surveillance installées dans les lieux publics à Alger ne lui appartiennent pas. Ce qui nous pousse à s’interroger: à qui appartiennent donc ces caméras? Dans ce contexte, des professionnels dans le domaine de la fabrication, la vente et le montage des appareils de surveillance, dotés de vidéos, ont accusé certaines parties voulant monopoliser ce secteur et le mettre, pour des raisons de sécurité, au service de certains bénéficiaires seulement, jugées «non fondées». Des fabricants, de leur côté, se sont étonnés de la mise de ces caméras de surveillance sur la liste des appareils sensibles dotés de capteurs, tandis que d’autres appareils sont à la disposition de tout le monde, à l’instar des téléphones cellulaires qui permettent de prendre des photos. Ces mêmes fabricants ont refusé les justificatifs avancés qu’elles peuvent être utilisées comme instruments d’espionnage. Ils s’interrogent : « Si ces caméras de surveillance sont des appareils d’espionnage, pourquoi a-t-on autorisé donc des Coréens à les installer dans la Capitale ? » Il convient de souligner que le Gouvernement vise à généraliser l’utilisation des caméras de surveillance pour les 48 wilayas que compte le pays. Soulignons, enfin, que ces caméras seront mises au service au niveau de l’autoroute Est-Ouest et de toutes les routes principales, le tramway, le métro ainsi que sur toutes les plateformes pétrolières et le long des pipelines…