Pr. Zouilache: Nos hôpitaux font défaut d’humanisme
Le directeur de la Formation auprès du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Professeur Zouilache Djamel a dit que la direction se penche sur un système pédagogique devant améliorer l’aspect humaniste au niveau des hôpitaux, afin de rapprocher le médecin du patient.
Dans une déclaration à Echorouk, Pr. Zouilache Djamel a reconnu que certains praticiens de la santé publique ferment les yeux quant aux erreurs médicales, et qu’à ses yeux, reconnaître ses erreurs encourage davantage à développer la formation médicale.
« Nous avons observé l’absence du côté humaniste chez certains médecins et des erreurs médicales, c’est pourquoi nous voulons aujourd’hui promouvoir la profession et assurer une formation qui permettra la quiétude du patient. Nous ne sommes pas d’accord, qu’un médecin n’ouvre une clinique que pour gagner de l’argent », a-t- il met savoir.
Et d’ajouter: « Cette formation devra être continuelle et obligatoire pour les médecins jusqu’à leur départ en retraite ».
« Nous envisageons réduire les erreurs médicales et créer une certaine harmonie chez l’équipe médicale. Les étudiants en médecine doivent traiter le patient avec humanisme, déontologies médicales et respecter les normes d’hygiène », nous a-t-il confié.
« L’erreur médicale est communiquée dans les pays avancés en vue d’améliorer la prise en charge médicale. Même dans nos hôpitaux, nous devons également communiquer nos erreurs commises, pas dans le but de sanctionner mais plutôt pour une meilleure formation dans ce cadre afin justement d’améliorer le service », a-t-il ajouté.
Le directeur de la formation auprès du département de Abdelaziz Ziari, a dit que les colloques médicaux qu’organisent les laboratoires étrangers et nationaux doivent être soumis à l’approbation du ministère de la Santé et du Conseil national de déontologie médicale, en affirmant que ces laboratoires devaient respecter les cahiers des charges en citant les nouveautés médicales et les nouveaux médicaments.
« Le Conseil national de déontologie médicale et le ministère de tutelle sont responsables de contrôler le déroulement des colloques tenus par ces laboratoires », a-t-il fait savoir.
Il a en outre indiqué qu’il y ait un problème entre le ministère de la Santé et ces laboratoires en question.
Par ailleurs, il a tenu à citer que le ministère de la Santé a créé 7982 postes au profit des paramédicaux, qui seront répartis à travers 27 instituts nationaux, dont trois (3) instituts pour des sages-femmes dans les wilayas de Annaba, Tlemcen et Tizi Ouzou.
Il a aussi indiqué que le ministère de tutelle emploie 650 enseignants en paramédicale, alors que la demande annuelle en matière des postes est de 4500.
L’interlocuteur a souligné que la moyenne requise aux nouveaux bacheliers en paramédical est de 13/20, dont 50 mille se sont déjà inscrits lors des préinscriptions, en attendant les inscriptions finales qui s’étale du 1er au 10 octobre. La rentrée officielle est prévue le 4 novembre prochain.
Il n’a pas manqué en revanche d’évoquer le phénomène de fuite des infirmiers et des sages-femmes en France et au Canada.
S’agissant des sages-femmes, le Professeur a évoqué un sérieux déficit estimé à près de 4 000 postes, sachant que la durée de la formation des sages-femmes est passée de 3 à 5 ans.
Il est à noter que c’est pour la première fois que ces étudiants paramédicaux auront à suivre le système tronc-commun où ils pourront avoir des connaissances sur les différentes professions de la santé.
C’est ainsi qu’une évaluation sera faite sur leur compétence, leur activité, l’aspect humaniste et le respect de la déontologie de la profession et le respect des normes d’hygiène.
Les diplômés seront recrutés selon la convention conclue avec la fonction publique, dont le recrutement se fait pas diplôme et non par un concours.
Les photos prises de nos établissements hospitaliers et publiées sur les pages de Facebook et autres réseaux sociaux, témoignent de l’état catastrophique et amer qui règne les différents services de nos hôpitaux.
Ces témoignages s’ajoutent à ceux inclus dans le rapport « noire » de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), dont son président Me Farouk Ksentini a tiré la sonnette d’alarme quant à l’état de nos établissements de santé publique.
Ceci intervient au moment où des commissions d’inspection officielles menaient des enquêtes approfondies au niveau des hôpitaux, afin de cerner les causes et les problèmes.
La question qui vient à l’esprit à ce sujet: Abdelaziz Ziari réussira-t-il là où Ould Abbès a échoué ?