Présidentielle 2022: Macron redoute des tentatives d’ingérence turques
Le président français Emmanuel Macron a mis en garde ,mardi, contre «les tentatives d’ingérence» de la Turquie dans la prochaine élection présidentielle française de 2022, sans pour autant fermer la porte à une amélioration des relations avec Ankara, exécrables depuis plus d’un an. «Évidemment. Il y aura des tentatives d’ingérence pour la prochaine élection. C’est écrit, et les menaces ne sont pas voilées», a déclaré le chef de l’État français, interrogé dans le cadre d’un documentaire de l’émission C dans l’air de la chaîne de télévision France 5 sur le président turc Recep Tayyip Erdogan.
«Il faut qu’on soit très lucide», a poursuivi Emmanuel Macron, dont les relations avec son homologue turc ont été extrêmement tendues avant un début de dégel il y a quelques mois. « J’ai noté depuis le début de l’année une volonté d’Erdogan de se réengager dans la relation. Je veux croire que c’est possible», a déclaré le président français, se défendant de toute «animosité à l’égard de la Turquie». «Mais je pense qu’on ne peut pas réengager [une relation] quand il y a des ambiguïtés. Je ne veux pas réengager une relation apaisée s’il y a, derrière, de telles manœuvres qui se poursuivent», a-t-il dit.
«La France a été très claire. Quand il y a eu des actes unilatéraux en Méditerranée orientale, nous les avons condamnés et nous avons agi en envoyant des frégates», a souligné Emmanuel Macron, déplorant que l’Otan ne soit «pas suffisamment clair» avec Ankara. «Nous avons besoin de clarifier la place de la Turquie dans l’Otan», a-t-il estimé.
Cependant, «il faut un dialogue avec la Turquie, il faut tout faire pour qu’elle ne tourne pas le dos à l’Europe et n’aille vers plus d’extrémisme religieux ou des choix géopolitiques négatifs pour nous», a-t-il poursuivi. «C’est un partenaire sur des sujets sécuritaires, sur les sujets de migration», a rappelé le président français. L’UE et la Turquie ont conclu en 2016 un accord migratoire revenant à confier à Ankara la gestion de l’immigration illégale. Soulignant que la Turquie accueillait sur son sol plus de trois millions de réfugiés syriens, Emmanuel Macron a estimé qu’elle avait « pris ses responsabilités». «Sur le sujet migratoire, nous devons travailler avec la Turquie. S’ils [les Turcs] ouvrent les portes, vous avez trois millions de réfugiés syriens qui arrivent en Europe», a-t-il mis en garde.
Relation tendue entre Paris et Ankara
Les relations entre Paris et Ankara étaient très tendues, il y a quelques mois, lorsque le président français avait dit encourager la publication des caricatures offensantes du Prophète Mohamed (QSSSL).
Outre son appel au boycott des produits français, Tayyip Erdogan a conseillé à Emmanuel Macron d’aller faire des examens de santé mentale.
Le président turc avait déclaré dans la foulée voir la France «se débarrasser» de Macron «le plus tôt possible».