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Quand l’école plonge dans un gouffre politique !

الشروق أونلاين
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Echorouk
Le sort des élèves otage de la politique

Les syndicats autonomes de l’éducation ont accusé la tutelle d’avoir politisé leurs revendications « socioprofessionnelles », affirmant que c’est plutôt le ministère qui exerce la politique à travers sa série de mesures répressives et en incitant les élèves et leurs parents à agir contre les enseignants.

Les syndicats ont qualifié les déclarations du ministre et de son directeur de cabinet de provocatrices en violant, selon eux, leur droit de grève garanti par la Constitution.

« L’accusation du ministère porté aux syndicats d’exercer la politique en entrant dans la 4e semaine de grève déclenchée est une preuve criante de l’échec de ce département de régler les questions en suspens », a déclaré à Echorouk, Messaoud Amraoui, chargé de communication de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef).

En outre, Messaoud Amraoui a expliqué que les principes de l’Unpef étaient connus de la société civile et qu’elle ne s’immisçait jamais dans la politique et défié quiconque de montrer un seul communiqué du syndicat montrant son soutien à un parti politique, excepté le dossier de la charte pour la paix et la réconciliation nationale dont elle a appelé l’ensemble de personnel du secteur à voter « oui », et ce pour l’intérêt du pays.

Notre interlocuteur a ajouté que les adhérents à son syndicat sont affiliés à des différentes formations politiques, mais leurs revendications sont purement « professionnelles », et défié le ministère de donner une preuve que leur débrayage est « politisé».

Pour Messaoud Boudiba, le chargé de la communication au Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest-élargi), c’est bien le ministère de l’Education qui exerce la politique en recourant à des mesures arbitraires en manipulant à la fois les élèves et leurs parents contre les enseignants. Pis encore, le ministère tente d’attiser la situation davantage en menaçant de fermer les établissements scolaires, selon Boudiba, ajoutant que Baba Ahmed a voulu pousser les élèves de descendre dans la rue pour réclamer le seuil pédagogique, en déclarant qu’un éventuel report des examens de fin d’année n’est pas à exclure.

De son côté, Meziane Meriane, président du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) a dit que « lorsque le ministère a échoué de satisfaire les revendications des syndicats, il s’est mis à accuser les syndicat d’exercer la politique », en qualifiant ses propos de « non-sens ».

Le ministère de l’éducation met en exécution ses menaces dès aujourd’hui (lundi)

Le ministère de tutelle a ordonné les différentes directions de procéder au licenciement des enseignants grévistes dès ce lundi, une décision qui devrait prendre effet la semaine dernière, sachant que les réunions ayant regroupé la tutelle, les partenaires sociaux et les représentants de la Fonction publique (FP) n’ont abouti à rien.

Face au pourrissement dans ce secteur, les directions de l’éducation devraient procéder lundi au limogeage des enseignants grévistes, dont le débrayage entame la 4e semaine, et ce en application des instructions du premier responsable du secteur, d’autant que la justice ait qualifié d’ « illégale » la grève entamée par les enseignants.

 

 

 

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