Quand les hommes d’affaires rivalisent avec les politiques !
Quand l’argent s’invite dans le débat politique ! La relation entre les événements politiques et les développements économiques relance le débat autour de l’influence des hommes d’affaires en Algérie sur la prise de décision, notamment ces dernières années où la voix des hommes d’affaires est devenue de plus en plus audible.
Des différends, des accusations entre des hommes d’affaires de diverses tendances ont vite refait surface, dont le patron de Cevital, Issad Rebrab serait l’industriel à encaisser le plus de reproches ! Ayant été pris pour cible, ce dernier ne s’est fait pas attendre pour contre-attaquer en évoquant des handicaps et les bâtons mis dans ses roues.
Les déclarations de Rebrab n’ont pas, non plus, laissé indifférents le ministre de l’Industrie, Abdessalam Bouchouareb et le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad.
« L’argent qui commande en Algérie» ! Un constat fait non pas par un opposant, mais par celui qui connaît fort bien les rouages du pouvoir, en l’occurrence l’ancien Premier ministre et l’actuel directeur de cabinet à la présidence de la République, Ahmed Ouyahia.
C’est dire ô combien l’argent s’interfère dans les affaires politiques du pays. D’ailleurs, des observateurs sont allés jusqu’à qualifier la campagne électorale de la présidentielle du 17 avril 2014 d’une bataille financière par excellence. Des médias ont parlé des démarches qu’aurait entreprises le FCE pour collecter pas moins de 750 milliards de centimes en faveur du financement de la campagne électorale du Président sortant, Abdelaziz Bouteflika.
Comme « rien n’est jamais gratuit », plus d’un s’interroge sur les avantages, les privilèges et les projets attribués à ces hommes d’affaires dans le cadre du plan quinquennal (2014-2019) au lendemain de la réélection de Bouteflika pour un 4e mandat.
Ces derniers temps, des hommes d’affaires se sont mis au devant de la scène économico-financière au point où ils rivalisent avec des hommes politiques dans les sorties sur le terrain, voire dans la prise de décision en haut lieu.
C’est la cas d’Ali Haddad, P-dg d’ETRHB et président du FCE qui serait l’un des grands bénéficiaires des projets réalisés à coût des milliards, selon les médias. Pour mieux préserver son statut, Haddad s’est entouré d’un certain nombre d’industriels, dont Mohamed Baïri, le patron du groupe Ival, distributeur de la marque Iveco, spécialisé dans le véhicule utilitaire.
Parmi les patrons dits plus proches du pouvoir, l’on cite en pole position l’homme d’affaires et président de la Chambre du commerce et d’industrie, Mohamed Laïd Ben Amar, dont la fortune est estimée à 180 millions d’euros, un des membres actifs au FCE, Karim Kouninaf (300 millions €), le président du groupe Bio-pharm, Abdelmadjid Kerrar (200 millions €), Mahieddine Tahkout (100 millions €), le géant de l’électronique, Condor-electronic, Abderrahmane Benhemadi (100 millions €) et l’homme d’affaires, propriétaire du groupe commercial Ardis et l’hôtel Hilton, Rahim Abdelouahab pour une fortune évaluée à des dizaines de millions d’euros.
Force est de souligner que de plus en plus d’hommes d’affaires endossent un costume de député et d’élu local. En vérité, ce phénomène n’est pas l’apanage de l’Algérie, car il est également répandu dans un nombre de pays arabes, à l’image du Maroc, l’Égypte, le Liban, la Jordanie, le Yémen, le Koweït, le Bahrein…etc.