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Rahabi et Ferrrad: Notre initiative n’est un règlement de comptes avec Bouteflika ni un soutien pour Benflis

الشروق أونلاين
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Les deux invités de Echorouk, Abdelaziz Rahabi et Arezki Ferrad ont nié que leur initiative politique qu’ils devaient remettre au président Bouteflika pour respecter les délais de l’échéance présidentielle et ne pas procéder à la révision de la Constitution avant cette date, soit en relation avec un règlement de comptes avec Bouteflika ou un soutien à l’ex-chef de gouvernement, Ali Benflis.

      

Les deux intervenants en plus de l’ex-colonel à la retraite, Ahmed Adhimi s’accordent à dire que leur interpellation de Bouteflika pour ne pas réviser la Constitution avant l’échéance électorale d’avril 2014 n’a pas pour but un règlement de comptes avec Bouteflika, ou une campagne électorale anticipée au profit du potentiel candidat à la présidentielle de 2014, Ali Benflis.

Nos interlocuteurs ont affirmé avoir été motivés par le sens du nationalisme pour prendre cette initiative eu égard des circonstances dans lesquelles, Amar Saadani a été coopté nouveau secrétaire général du FLN et les remaniements opérés au sein du gouvernement à six mois des élections présidentielles.

Les deux invités de Echorouk ont affirmé que leur initiative a été saluée par un bon nombre d’Algérien tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays en expliquant que des juges, avocats et de hauts cadres de l’Etat leur ont manifesté leur soutien. Les initiateurs vont faire signer cette initiative en la publiant sur le net.

Rahabi: Bouteflika refuse de répondre à l’initiative de Zeroual

L’ex-ministre de la Communication, Abdelaziz Rahabi a révélé que l’ancien président de la République, Liamine Zeroual, avait envoyé dans le cadre de consultations politiques auprès des partis politiques, des personnalités et des différentes organisations pour réviser la Constitution de 1996, avait envoyé une copie de la mouture du projet de constitution à l’actuel président de la République lui demandant de donner son avis et ses propositions, mais ce dernier ne lui a pas répondu.

L’ex-ministre de la Communication a en effet salué les efforts consentis par Liamine Zeroual pour la confection d’une Constitution de consensus

Il a ajouté que Zeroual avait envoyé une copie du projet de révision de la Constitution aux partis politiques de l’époque en considérant que la Constitution de 1996 était la seule Constitution qui a jeté les bases de l’Etat algérien moderne, notamment en matière de limitation des mandats présidentiels.    

Selon Rahabi, l’Algérie n’a jamais connu une constitution basée sur l’intérêt général comme c’est le cas dans d’autres pays du monde, mais elle se focalise sur l’intérêt personnel, comme ce fut le cas en 2008, lorsque Bouteflika a décidé de procéder à la révision de la loi fondamentale sans pour autant consulter ni la société civile ni l’élite, mais en se contentant de l’annoncer uniquement devant la Cour suprême.

En outre, il a indiqué que les partis politiques de l’époque ont demandé de Liamine Zeroual de confier certains portefeuilles ministériels, dont la Justice, l’Intérieur et la Communication à des personnalités technocrates. C’est ce qu’a fait Zeroual à l’époque, contrairement au président Bouteflika qui les a confiés à ses hommes les plus fidèles.  

Arezki Ferrad: Bouteflika s’est approprié l’Etat algérien

L’ex-député du FFS, Arezki Ferrad a critiqué la classe politique et la société civile pour ne « pas avoir assumé toutes leurs responsabilités en 2008, au lendemain de l’annonce de Bouteflika de réviser la Constitution ce qui lui permettait de briguer un 3e mandat, ce qui a conduit le pays à la situation actuelle ».

« Nous sommes à quelques mois des élections présidentielles, je suppose que c’est le moment propice pour faire face à toutes les pratiques visant à crédibiliser une gouvernance à vie », a dit Arezki Ferrad en s’interrogeant: « Reste-il d’institutions pour cet Etat où un verdict prononcé par un tribunal administratif annule celui prononcé par le Conseil de l’Etat ? », et ce en faisant allusion à l’autorisation pour la tenue du CC du FLN, ayant vu l’élection de Amar Saadani au poste de secrétaire général en remplacement de Belkhadem.    

 « Il y avait une lueur d’espoir lors de la Constitution de 1989 qui a jeté les bases de la démocratie, avant que cela ne tombe à l’eau au début des années 90 où le pays était plongé dans une guerre civile dévastatrice en remettant tout à la case départ », a-t-il estimé.

« Ensuite, un militaire était arrivé au pouvoir, à savoir Liamine Zeroual  qui a redonné à la démocratie son sens et a remis sur les rails l’activité politique, avant que Bouteflika ne soit porté au pouvoir en 1999 en incarnant son principe: Moi, c’est l’Etat, L’Etat c’est moi! Mais un Etat, ce sont les institutions et non pas les personnes, même si que cette personne soit un chef de l’Etat », a-t-il enchaîné. 

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