Réaction des leaders du FIS aux déclarations d’Ouyahia
Une divergence d’opinions a vivement marqué les déclarations des anciens leaders du FIS, dissous en 1992, à l’issue des déclarations faites par le directeur du cabinet de la Présidence, chargé de diriger les consultations autour du projet de révision constitutionnelle, Ahmed Ouyahia, qui a confirmé qu’il n’y aura pas de retour du FIS.
Une déclaration qui n’a pas été du goût de la deuxième vedette du FIS, Ali Benhadj, et son collègue Hachemi Sahnouni qui ont vivement contesté la non-réhabilitation de leur parti, l’ancien émir de l’Armée Islamique du Salut (AIS), Madani Mezrag a positivé cette nouvelle.
L’ancien leader du FIS, Hachemi Sahnouni s’est déclaré déçu concernant les déclarations du chef de cabinet de la Présidence qui a rejeté toute idée d’un retour du FIS et l’idée d’une transition politique préconisée par l’opposition: «Ces déclarations ne servent ni le pouvoir, ni le peuple, comment le pouvoir peut-il parler des libertés politiques alors des catégories entières sont privées de leurs droits politiques».
Sahnouni a notamment estimé que l’exclusion du FIS est une tentative de certaines parties au pouvoir de plaire à l’Occident, la France et les Etats-Unis qui ne veulent pas d’un courant islamiste en Algérie.
Pour sa part, le numéro 2 de l’ex-FIS, les propos d’Ouyahia sont «arrogants et ignorent les propositions de l’opposition dans sa diversité». S’agissant du retour du FIS, Ali Benhadj a regretté que les journalistes n’aient pas posé la bonne question à Ouyahia. Parle-t-il, de la seule dénomination FIS – ce qui laisse-t-il entendre est envisageable- ou s’il s’agit d’interdire le retour à l’action politique de ses dirigeants, ses cadres et ses élus.
Quant à Mezrag, Ouyahia était très courageux lorsqu’il a reconnu pour la première fois le rôle de l’AIS dans le rétablissement de la sécurité et de la paix. Madani Mezrag a expliqué les propos d’Ouyahia par le fait qu’il parlait «au nom de l’Etat où il y a des gens qui non seulement ne veulent pas d’un retour du FIS mais veulent aussi le punir».