Réserves de change: le gouvernement perd 100 millions de dollars/jour !
Le représentant du FMI a admis que la situation économique et financière que traversera l’Algérie sera difficile si les prix du pétrole continueront à chuter et qu’elle sera contrainte à un emprunt pour équilibrer ses comptes et soutenir son budget.
Pour rappel, durant une semaine, Jean-François Dauphin, le conseiller au département Moyen-Orient et Asie centrale auprès du FMI, a conduit une mission de l’institution de Bretton Woods à Alger, dans le cadre des discussions annuelles, menées entre cette dernière et ses Etats membres, au titre de l’article IV des statuts du FMI pour l’évaluation annuelle de l’économie des pays.
En outre, il a ajouté que les réserves de change de l’Algérie ont baissé à 143 milliards de dollars à fin 2015, contre 194 milliards de dollars en 2013, soit un recul de 35 milliards de dollars en une année, tout en indiquant qu’elles se maintiennent à un niveau élevé.
Dans ce sens, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, avait expliqué en janvier, que la poursuite de cette contraction du matelas des devises est induite par le creusement du déficit de la balance des paiements sous l’effet du choc externe, résultat d’une baisse drastique et surtout continue des cours mondiaux du pétrole, estimant que la situation actuelle est différente de celle de 2009 où les prix du pétrole s’étaient rapidement relevés en ajoutant que ce repli des réserves officielles de change et le choc externe ont sérieusement impacté les finances publiques, fortement tributaires de la fiscalité pétrolière, avec un creusement du déficit budgétaire et l’érosion des ressources du Fonds de régulation des recettes.
Le représentant du FMI a demandé aux autorités algériennes d’assouplir la règle des 51-49 pour attirer les investissements étrangers et par la même conforter le matelas en devises pour compenser les pertes induites par la chute des prix du pétrole et d’ouvrir le capital des entreprises publiques ou carrément en privatiser certaines.
Par ailleurs, il a dit que le gouvernement a pu équilibrer son budget pour 2016 en maîtrisant les dépenses publiques et en réajustant les prix des carburants à la pompe, ceci étant un pas décisif sur la voie de l’assainissement budgétaire et d’une meilleure rationalisation des dépenses et de la réforme des subventions.
Ce dernier a également averti que les produits subventionnés profitent aux riches et à une infime partie de pauvres et que le budget consacré au volet social dépasse de loin ceux des ministères de l’Education et de la Santé et que tout ceci appelle à une réflexion dans une prochaine phase.
En conclusion, il a affirmé que l’Algérie faisant face à d’importants défis suite à la chute des cours de pétrole a de quoi y répondre en poursuivant les efforts entrepris en matière de réformes et de consolidation budgétaire, tout en relevant que les marges budgétaire et extérieure accumulées lui offrent la possibilité de mener ces réformes de manière progressive et d’amortir les effets de l’ajustement.